Le 9 mai 2020

- Chanteur : Little Richard
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L’un des pionniers du rock’n’roll est mort aujourd’hui à l’âge de 87 ans.
News : C’est une légende du rock qui vient de s’éteindre, un artiste aussi influent que Chuck Berry, Jerry Lee Lewis, Fats Domino ou, évidemment, Elvis Presley, l’un de ceux qui ont façonné un genre qui déferlera sur la planète entière. L’influence de Little Richard fut considérable, des Stones à Prince, en passant par les Beatles, Elton John, David Bowie.
Pourtant, au départ, son chemin n’a rien d’un long fleuve tranquille : son homosexualité le forçant à quitter sa famille nombreuse, Richard Wayne Penniman se consacre ensuite à la musique, n’attendant pas longtemps avant de signer son premier tube à 21 ans : le légendaire Tutti Frutti, un rock endiablé que paraphe l’onomatopée "A wop-bop-a-loo-bop-a-wop-bam-boom !", presque un cri de ralliement qui lui ouvre les portes de la notoriété. Nous sommes en 1955, Elvis a enregistré ses premiers classiques, l’année précédente.
Une musique est née, Little Richard en sera l’icône provocatrice, s’inventant un personnage pré-androgyne, des années avant le glam rock, multipliant les chansons rugissantes qui seront reprises par les plus grandes stars, se déchaînant sur son piano lors de mémorables prestations télévisées où s’égrènent les standards : Long Tall Sally (1956), Rip It Up (1956), Jenny, Jenny (1957) et Good Golly Miss Molly (1958). L’artiste apparaît parallèlement dans des films à succès, comme ses jeunes collègues : on citera en particulier La Blonde et moi (1956), où l’on voit également Gene Vincent et Eddie Cochran. Sa parenthèse religieuse de quelques années l’éloigne pour un temps des feux de la rampe, tandis que la vague pop déferle sur le monde. Lorsqu’il revient sur le devant de la scène, Richard est déjà un dinosaure, qui tente de renouer avec sa glorieuse période. Dans l’un des groupes qu’il monte, il embauche un jeune guitariste prodige, un certain Jimi Hendrix. Ses belles années sont derrière lui, mais on le verra jusqu’à la fin de ses jours dans des émissions télévisées, des concerts - pour rappeler au public qu’il fut l’une des pierres angulaires de la musique populaire -, parallèlement à ses activités de prêcheur et quelques problèmes avec des substances illicites. Il avait, dès la création du Rock and Roll Hall of Fame en 1986, été intronisé pour sa contribution majeure à cette "musique du diable".