Le 17 mai 2015

- Festival : Festival de Cannes 2015
Au programme de ce premier dimanche de la 68e édition du Festival de Cannes : Mon Roi et Carol, deux films placés sous le signe d’une romance malade. Qui mieux que le cinéma pour traduire la douleur sourde larvée en un amour utopique ?
Au programme de ce premier dimanche de la 68e édition du Festival de Cannes : Mon Roi et Carol, deux films placés sous le signe d’une romance malade. Qui mieux que le cinéma pour traduire la douleur sourde larvée en un amour utopique ?
Quelques jours après Emmanuelle Bercot, qui ouvrait mercredi le festival de Cannes 2015 avec La tête haute, ce fut aujourd’hui au tour de Maïwenn de faire parler la poudre avec Mon roi. Rappelons que la première avait notamment scénarisé Polisse. Après avoir cherché à comprendre ce que devenait notre part d’humanité une fois confrontée à l’horreur d’une brigade de la protection des mineurs, la réalisatrice trousse une histoire d’amour cruelle où Vincent Cassel, beau et terrible, nous rappelle au souvenir d’Irréversible. Avec un certain machiavélisme occulté par une mise en scène à la Douglas Sirk, Todd Haynes a quant à lui de nouveau évoqué l’homosexualité dans les années 1950. Un bel objet de cinéma sordide à souhait taillé sur mesure pour Cate Blanchett et Rooney Mara. Et l’occasion d’officialiser le grand retour du cinéaste américain, cette fois sur fond d’Amérique corsetée, dix-sept ans après Velvet Goldmine et neuf ans après Loin du paradis.
A noter que les deux films ont en commun un même souci pour les histoires d’amour passionnelles mais chimériques. Et montrent chacun à leur façon à quel point le Festival de Cannes 2015 est bel et bien dédié aux femmes. A ce titre, les deux reines du jour sons sans doute Emmanuelle Bercot et Cate Blanchett. Pas sûr toutefois que cela soit du goût de Maïwenn, qui affirmait aujourd’hui qu’être réalisateur revient... à "faire appel aux hormones masculines".
La critique de Mon roi est à lire ici, celle de Carol par là.
Au lendemain de la risée La forêt des songes, les sièges n’ont pas trop claqué aujourd’hui, en dépit des ravages des soirées de samedi, qui n’auront pas manqué d’interférer sur le degré d’attention des festivaliers. Ce dimanche a aussi été marqué par la "séance lumière", vibrant hommage au cinéma des précurseurs. Le moment idéal pour réunir les Coen, les Taviani et les Dardenne – rien que ça. L’occasion aussi de rappeler à quel point le cinéma des Lumière manifestait déjà au début du siècle dernier une modernité tant en matière de pureté documentaire que d’éclairage et de composition de l’image. Preuve en est sont les restaurations présentées ce jour.
Côté palmarès, l’on se demande avec le recul si Mia Madre, présenté samedi, n’a pas en fin de compte les épaules pour prétendre à la Palme d’or. Même chose pour Carol. Il n’empêche que de nombreux critiques internationaux voient toujours en Saul Fia (Le Fils de Saül) un solide prétendant...
Lundi, sixième journée du Festival de Cannes 2015, seront notamment présentés au Grand Théâtre Lumière La loi du marché, première incursion à Cannes pour le français Stephane Brizé, et Plus fort que les bombes, film norvégien de Joachim Trier (Oslo, 31 août) particulièrement attendu par la critique. Affaire à suivre.
A lire également :
Cannes, Jour 1 : Bercot ouvre le bal et brise les codes
Cannes, Jour 2 : la gifle Mad Max, le spleen de Kore-Eda
Cannes, Jour 3 : les étrangetés de Lanthimos, la rengaine de Woody
Cannes, Jour 4 : les doutes de Moretti, la déception Gus Van Sant