Le 23 mai 2015

- Festival : Festival de Cannes 2015
Au programme de ce dernier jour de compétition : Macbeth, du surdoué Justin Kurzel, seul film à ne pas encore avoir été projeté. Une œuvre shakespearienne qui scelle la rencontre au sommet de Marion Cotillard et Michael Fassbender. Dernière ligne droite avant le clap de fin.
Au programme de ce dernier jour de compétition : Macbeth, du surdoué Justin Kurzel, seul film à ne pas encore avoir été projeté. Une œuvre shakespearienne qui scelle la rencontre au sommet de Marion Cotillard et Michael Fassbender. Dernière ligne droite avant le clap de fin.
De son premier court métrage Blue Tongue, portrait aigre de deux adolescents présenté en marge de la Semaine de la critique, à son premier long Les Crimes de Snowtown, sélectionné dans la même section en 2011, Justin Kurzel a fait montre d’un savoir-faire assez unique pour dépeindre l’étiolement de l’humanité. Il ne lui aura ainsi suffi que d’un seul long métrage pour prouver son talent, parfois dans séquences qui atteignait un degré de violence quasi intolérable.
Pour ces raisons, il y a beaucoup à attendre de Macbeth, dont le casting sidéral place Michael Fassbender en rôle-titre, et Marion Cotillard en Lady Macbeth. Entre inceste, impétuosité et vacarme, cette rencontre au sommet sous le signe de l’univers shakespearien pourrait faire mouche - à condition que le projectionniste ne lance pas à la place la version d’Orson Welles célébrée cette année en marge de Cannes Classic. Reste maintenant à savoir si le jury du Festival de Cannes réservera un même destin funeste à Kurzel qu’aux autres prodiges australiens que sont David Michôd et Andrew Dominik. Rappelons qu’après des premières fulgurances, les deux cinéastes n’avaient pas franchement convaincu avec The Rover et Cogan : Kill Them Softly. À noter que Marion Cotillard et Michael Fassbender doivent prochainement rempiler sous la direction de Justin Kurzel, dans l’adaptation du jeu vidéo Assassin’s Creed.
À l’heure où Cotillard s’avance, vénéneuse, en lady Macbeth dans ce 68e Festival de Cannes, l’on se dit que cette édition aura été riche en personnages féminins singuliers. Entre Charlize Theron en Furiosa dans Mad Max : Fury Road, Giulia Lazzarini en mère et grand-mère dans Mia Madre, Catherine Deneuve en femme-père dans La Tête haute, Isabelle Huppert en fantôme déchiré dans Louder than bombs, Emily Blunt en justicière idéaliste dans Sicario ou encore Cate Blanchett en femme libre dans Carol… le Festival de Cannes aura donné à voir des héroïnes tantôt libérées, tantôt cabossées. Un joli mélange qui, si ce n’était la tentation du sexisme notamment dans une séquence de Mad Max : Fury Road, offre de belles leçons de cinéma. À tel point que quelque part, l’on peut se montrer un peu rasséréné concernant la place des femmes, du moins à l’écran, dans le cinéma mondial. Reste maintenant à leur faire davantage de place derrière les caméras, n’en déplaise à Thierry Frémaux...
Dimanche 24 mai, en début de soirée, seront annoncées les récompenses de ce Festival de Cannes 2015. La rédaction publiera d’ici là son palmarès.
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