Sa part d’ombre
Le 31 mars 2004
Grand prix de la littérature policière 2003, Les soldats de l’aube nous fait découvrir un nouveau membre du club très fermé des héros de polar avec, en toile de fond, une société sud-africaine en reconstruction.


- Auteur : Deon Meyer
- Editeur : Editions du Seuil
- Genre : Polar
- Prix : Grand prix de la littérature policière
Grand prix de la littérature policière 2003, Les soldats de l’aube nous fait découvrir un nouveau membre du club très fermé des héros de polar avec, en toile de fond, une société sud-africaine en reconstruction.
Le polar est un genre très codifié, et Deon Meyer ne viendra certainement pas le bouleverser. Mais parfois, et c’est le cas ici, le classique a du bon, du très bon même. Zatopek van Heerden, dit "Zet" est l’archétype du héros de roman noir : ex-flic, rongé par la culpabilité après l’assassinat de son coéquipier, il est devenu un privé dépressif au bord de la déchéance, émergeant difficilement des vapeurs de l’alcool. Jusqu’au jour où Hope Beneke, une avocate, le charge de retrouver un testament qui permettra à Wilna van As d’hériter de son ami, torturé avant d’être exécuté.
Ce second roman de Deon Meyer se démarque tout de même de ceux de ses confrères américains. En situant l’intrigue en Afrique du Sud (d’où est originaire l’auteur), il dresse en filigrane le portrait d’une société en mal de repères, où les frontières entre le bien et le mal ont volé en éclat avec la fin de l’apartheid. Logiquement, le personnage du privé gagne en complexité et ses démons intérieurs sont ceux de la nation toute entière. L’autre singularité de ce polar se situe au niveau de la narration même. Elle est certes linéaire, mais alterne entre les souvenirs de Zet sous forme de journal intime et le déroulement de l’enquête ; un moyen intéressant de donner davantage de rythme au récit, qui devient finalement presque secondaire. On s’attache surtout à ce nouveau héros de la littérature policière, sorte d’esthète gourmet et amateur de musique classique qui a su revenir d’une exploration des tréfonds de son âme.
Deon Meyer, Les soldats de l’aube (Dead at daybreak, traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Robert Pépin), Points Seuil, 2004, 528 pages, 7,80 €
Spitfire89 19 janvier 2025
Les soldats de l’aube
L’intrigue se déroule de manière alternée entre les chapitres écrits à la troisième personne et décrivant la délicate enquête, et ceux écrits à la première personne et détaillant l’histoire de la vie personnelle de Zet.
La vie de Zet s’apparente à un redresseur de torts qui nous fait comprendre que nul ne détient une unique vérité, et que la cohabitation avec d’anciens ennemis est difficile. L’histoire de Zet, de l’intrigue dévoile en parallèle le trouble passé de l’Afrique du sud et le démon de l’Apartheid.
Un roman magistral qui a reçut le prix de littérature policière étrangère ainsi que le prix mystère de la critique. Meyer est un horloger du scénario, un spécialiste de l’issue fatale. Son style charrie du sang, de la sueur et des larmes.