Le 11 mars 2017
Aucune révolution, mais un album qui vend du rêve : l’évolution d’IAM débouche sur un album de qualité.


- Date de sortie : 3 mars 2017

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Notre avis : Avec une carrière de bientôt 30 ans maintenant, IAM se hisse clairement comme les rares papas du hip hop français encore actifs, aussi bien en tant que groupe qu’avec les carrières solos de Shurik’n et d’Akhenaton. Conscient de cela, l’école du micro d’argent axe sa Rêvolution sur la maturité de rappeurs toujours prêts à poser un regard sur le passé, le leur, et de le projeter vers le présent pour aborder des thématiques plus larges et générales. De là gravite le projet, ou en tout cas une grande partie de celui-ci, avec l’idée de transmettre une passion toujours vive pour le hip hop et l’écriture (l’introduction Depuis Longtemps), se posant autant en conseiller pour la nouvelle génération de MCs, que, plus généralement, pour toute une jeunesse. La révolution du titre est tout particulièrement individuelle et intérieure, avant tout chose, en poussant chacun à suivre ses rêves et ses ambitions, même si le groupe ne délaisse pas la France et sa société, loin de là, puisqu’ils y reviennent dès la seconde piste, l’ultra-entraînante et technique Fiya, en compagnie de Lino, toujours dans les bons coups en terme de featuring (après celui de Médine sur Prose Elite, sortie seulement une semaine avant). IAM prône, à raison, leurs expériences et leur réussite comme témoignage de cela, avec de très beaux hymnes à l’intégrité et à la persévérance, tel que Grands Rêves, Grandes Boîtes ou Life, I Live.
De la même manière qu’il se trouve à cheval entre présent et passé dans ses textes, IAM renoue avec la simplicité de leur hip hop tout en diversifiant flows et instrumentales. Et, pour sûrement la première fois (preuve que la persévérance paie), les tentatives de refrains chantés, orientés R’nB ou pas, n’ont jamais été aussi réussies (pas très compliqué à faire remarque...) que sur Rêvolution, tout particulièrement sur Bad Karma et Chanson d’Automne, bien aidé par une sublime instrumentale de Kheops et Imhotep. Doté d’une ambiance musicale percutante et irréprochable, au point de ne connaître aucune fausse note en terme de production, IAM rappelle la nature de son succès à travers Rêvolution, celui de lier au militantisme un caractère très divertissant, presque dansant (Orthodoxes, synthèse parfaite de la recette du groupe), en piochant dans divers genres musicaux tels que le funk et le reggae (oui oui, et le résultat s’avère en plus réussi), couplés parfois à des scratchs et samples jouissifs. Avec 19 morceaux sur le disque, et de nombreuses tentatives afin d’éviter le surplace, le projet ne se montre pas exempt de défauts, uniquement à impacter à des rimes pas toujours bien senties, et surtout très mal mises en valeurs, pour certaines trop appuyées et forcées, comme sur le couplet d’Akhenaton pour Paix, l’une des moins bonnes pistes du projet. Ponctuant de manière assez éparse Rêvolution, ces faiblesses, finalement très peu nombreuses, s’oublient rapidement, pour laisser une impression très positive quant à ce retour, dont on n’attendait plus forcément grand chose. On avait tort, les marseillais en ont toujours sous le coude.