Le 6 mars 2017


- Scénariste : Fabien TOULMÉ>
- Dessinateur : Fabien TOULMÉ
- Collection : MIRAGES
- Genre : Chronique sociale
- Editeur : Delcourt
- Famille : BD Franco-belge
- Date de sortie : 15 février 2017
Deux frères que tout oppose, entre vie, amours et mort.
La vie de Baudouin n’est pas triste, elle est plate, ordinaire. Juriste dans une boîte qu’il ne supporte pas vraiment, sans réels amis, il se console avec son chat et son salaire intéressant. Sa vie n’est qu’un pâle reflet de celle que mène son frère Luc, médecin sans frontière ni limite, profil type du mec sympa, branché et tombeur de filles. La routine quotidienne de Baudouin va être mise à mal par une nouvelle, celle d’une tumeur, incurable et foudroyante. Peut-on tout quitter du jour au lendemain, de son boulot à son confort, sans autre prétexte que la fin de sa vie ? À quoi tient l’équilibre d’un homme, et doit-il renoncer à ses rêves pour y parvenir ? Dans un récit très simple, touchant sans être bouleversant, Fabien Toulmé ne met pas en valeur ni en lumière un destin, mais raconte avec sobriété une vie ordinaire, et un changement effrayant mais finalement loin d’être insurmontable. Pour comparaison, dans Casse-tête chinois, le héros de Klapisch proposait de tout plaquer pour partir à New York, quelque chose que tout le monde ne peut pas faire. La virée au Sénégal apparaît plus probable, plus humaine, encore une fois, plus simple.
© Delcourt
Cette simplicité se retrouve d’ailleurs dans le dessin. Des couleurs, des personnages, mais pas beaucoup de détails, un style épuré et qui convient, sans séduire. Le tout facilite l’identification, puisque hormis son prénom, Baudouin n’a pas vraiment de signe particulier. Il aime la musique, a eu un père peu affectueux, a une frère qui prend de la place, et peu de vie sociale. Beaucoup peuvent s’y retrouver, et son physique banal peut créer de la proximité, à défaut du charisme. C’est un peu le côté extraordinaire d’un héros purement ordinaire. Seule sa maladie vient apporter un élément inhabituel, mais elle passe assez curieusement au second plan rapidement. Les planches colorées de la vie sénégalaise font d’ailleurs assez vite oublier cette tumeur, et l’ambiance est contre toute attente optimiste, fraîche et belle.
© Delcourt
Les deux vies de Baudouin n’est pas une œuvre avec deux facettes : le scénario et le dessin sont simples, sans fioritures, sans grandes envolées lyriques ou prouesses graphiques. C’est un ensemble naturel dans un sens où il va comme la vie, sommaire dans un sens positif, naïf au sens où il ne cherche pas à imiter ou défrayer, juste être une BD.
274 pages - 25,50€