Le 24 septembre 2020
Un homme d’âge mûr, qui vit seul sur une île, vient en aide à une pianiste de cabaret. Ce mélodrame se perd en s’aventurant sur les terres d’autres genres. Mais on peut retenir l’interprétation exceptionnelle de Charles Vanel.


- Réalisateur : Edmond T. Gréville
- Acteurs : Charles Vanel, Jean Chevrier, Héléna Bossis
- Genre : Drame
- Nationalité : Français
- Distributeur : Les Artistes Associés
- Durée : 1 h 35
- Date de sortie : 23 septembre 1947

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Résumé : Au Pays Basque français, Laurent (Charles Vanel), ancien militaire, vit seul avec sa servante Pépita (Margo Lion) sur une toute petite île coincée sur la frontière franco-espagnol. Un soir, de sortie à Bayonne, il vient au secours d’une pianiste de cabaret, Louvaine (Héléna Bossis).
Critique : Edmond T. Gréville fut d’abord journaliste, puis assistant-réalisateur pour Abel Gance et René Clair, notamment. Il devient lui-même metteur en scène à l’arrivée de parlant. Sa carrière en dents de scie ne lui a pas permis d’accéder à une vraie postérité. Parmi ses réussites, on peut retenir Marchand d’amour (1935) avec Erich von Stroheim, Menaces (1939) avec Mireille Balin et toujours Erich von Stroheim et Le port du désir (1955), où il dirige Jean Gabin. Il a également tourné plusieurs fois en Grande-Bretagne (Secret lives en 1937, The romantic age en 1949, qui met en scène Mai Zetterling) et aux Pays-Bas (Veertig jaren en 1938).
Le diable souffle reprend le thème récurrent de l’homme mûr, amouraché d’une jeune cocotte qui le méprise. Jean Renoir, dans La chienne, en 1931, et Pierre Chenal, dans Le dernier tournant, en 1939, tous deux avec Michel Simon, l’avaient déjà brillamment illustré.
Ici, le couple se trouve isolé sur son île, où un républicain espagnol sera celui qui viendra perturber l’ordre établi.
Le long métrage alterne entre mélodrame, qui repose sur le classique triangle amoureux, film fantastique avec une tempête présentée comme un personnage menaçant, et aussi réflexion politique : il se situe en 1937, et Diego, interprété par Jean Chevrier, est un opposant espagnol évadé, condamné à mort par les Franquistes.
La superbe lumière en noir et blanc est due à Henri Alekan.
A hésiter entre plusieurs styles, le film finit un peu par se perdre. Héléna Bossis, dont les postures rappellent celles du cinéma muet, peine à convaincre. Il en va de même pour Jean Chevrier qui paraît bien rustre à travers son rôle de chirurgien. Seul Charles Vanel, avec sa stature de bourru taiseux au grand cœur, s’impose grâce à une interprétation magistrale.