Le 3 novembre 2020
Un solitaire, sombre et naïf, tombe amoureux de sa voisine, une jeune châtelaine qui rentre du couvent. Une fidèle adaptation d’Emile Zola réussie et portée par une belle distribution.


- Réalisateur : Edmond T. Gréville
- Acteurs : Sylvie, André Alerme, Roger Blin, Jacques Castelot, Odette Joyeux
- Genre : Drame, Noir et blanc
- Nationalité : Français
- Distributeur : Consortium du Film, Les Films Corona
- Durée : 1h26min
- Date de sortie : 14 mai 1947

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Résumé : Seconde moitié du XIXème siècle, une petite ville en province : Julien, le préposé des Postes (Roger Blin), sombre et rêveur, est moqué par tous les habitants. Pierre Colombel (Raymond Galle), qui se vante d’être un proche des châtelains locaux, les de Marsannes, passe son temps à se pavaner en ville. Thérèse de Marsannes (Odette Joyeux) revient du couvent où elle est accueillie par ses parents, le colonel (André Alerme) et la baronne (Sylvie). Ces nobles désargentés sont pressés de la marier. M. de Vétheuil (Jacques Castelot), noble mondain et frivole, pourrait bien faire l’affaire.
Critique : Edmond T. Gréville adapte une nouvelle d’Emile Zola datant de 1880, en la plaçant à la même époque et avec une fidélité dans la représentation des personnages : les nobles plutôt stupides et décadents, la foule bête et moutonnière et l’innocent issu du peuple.
Roger Blin, qui est le réel premier rôle de cette œuvre, campe un homme sombre et tourmenté, inadapté pour le bonheur. D’ailleurs le personnage sait tout de suite qu’il n’est qu’un pion dans les mains de Thérèse. Odette Joyeux, très célèbre à cette époque, affaiblit quelque peu le propos avec son air trop angélique et naïf pour ce qui s’avère être une vraie calculatrice. Le couple Sylvie/André Alerme, en nobles fin de race, est tout à fait savoureux. Quant à Jacques Castelot, il est splendide en oisif plus bête qu’élégant, qui porte une chevelure crantée ridicule, avec beaucoup de classe.
L’histoire, très noire, se déroule avec une perpétuelle ironie qui fait mouche. Edmond T. Gréville est vraiment un cinéaste à redécouvrir. La fin, complètement immorale, est tout à fait surprenante pour une production de l’immédiat après-guerre.
A noter que c’est la seconde fois que le cinéaste tourne un film tiré d’une œuvre d’Emile Zola. La première, c’était pour Une femme dans la nuit (1943), avec Viviane Romance et Claude Dauphin, long métrage pour lequel il fît appel à pas moins de cinq collaborateurs : Jean Bernard-Luc, Jacques Companéez pour le scénario, Pierre Laroche, Pierre Rocher... et Jacques Prévert, pour l’adaptation et les dialogues.