Le 26 novembre 2024


Noho écrit et dessine ce manga particulier, les déambulations d’un chat qui lui permettent de croiser la vie de plusieurs personnes différentes. Va-t-il s’impliquer ou juste être témoin des événements ? Chaque histoire apporte sa réponse dans ce manga atypique qu’on prend plaisir à lire.
Résumé : {Le chat mène l’enquête} commence dans les rues de Los Angeles, en 1950, avec un chat se promenant tranquillement. Une petite fille l’aperçoit, elle est intriguée mais doit se rendre à son cours de piano. Lors d’une pause, par la fenêtre, elle voit à nouveau le chat, avec d’autres. Un vieil homme vient les nourrir. À chaque cours, elle constate que le même rituel se reproduit. Jusqu’à ce qu’un jour, le vieil homme ne se montre pas, la fillette est intriguée, elle voit le chat attendre...
Critique : Noho nous livre une série de petites histoires se déroulant tous dans le même contexte, le Los Angeles des années cinquante. Le point central est ce chat dont on va découvrir le passé au fil des récits. Le chat ne mène pas vraiment d’enquête, il se promène et ses rencontres nous ouvrent des portes sur toute une galerie de personnages attachants. Et ce chat va être témoin, ou partie prenante dans leur vie. Il ne parle pas, ne pense pas, seul le regard des hommes nous permet de comprendre ce qu’il a en tête. Comme un vrai chat, en fait…
Ce one-shot amène plusieurs personnages récurrents tandis que d’autres n’apparaîtront qu’une seule fois. Il permet, grâce au chat, de nous dévoiler des tranches de vie, parfois psychologiques, parfois pleines d’action, mais jamais de véritables méchants, tout le monde a ses raisons et ses torts que l’on peut comprendre.
Et puis, le chat ne juge pas, en tout cas, on a l’impression qu’il ne juge pas. Son regard parfois hermétique, parfois expressif nous maintient dans les nouvelles où règnent beaucoup de tendresse dans une époque qui n’est pas réputée pour ses bons sentiments.
© Noho / Doki Doki
On retrouve les classiques du style manga, avec un encrage très fin, le noir et blanc intégral, ponctué par l’emploi de trames de gris qui marquent principalement les ombres. La composition des planches va dans le sens de la narration : on suit parfois le chat dans ses marches sur plusieurs cases, sans dialogues. Noho prend le temps de laisser vivre son héros. En effet, le chat est le héros de ce récit, mais pas le protagoniste, car on ignore tout de ses conflits. Paradoxalement, le chat est témoin, et les vrais protagonistes sont les personnages dont il croise la route et dont nous découvrons, le temps d’une histoire de quelques pages, les problèmes, les attentes, les angoisses. Et mine de rien, on s’attache à ce bon gros matou blanc qui nous mène de récit en récit.
Le chat mène l’enquête est un joli recueil de petites nouvelles graphiques qui nous entraîne dans la vie d’un quartier du Los Angeles des années cinquante, le chat devenant notre fil conducteur.
192 pages – 7,95 €