La sonate à Léon
Le 12 avril 2005
Les derniers jours mouvementés de Tolstoï.

- Auteur : Alberto Cavallari
- Editeur : Christian Bourgois
- Genre : Biographie

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Dans la nuit du 27 au 28 octobre 1910, Léon Tolstoï quitte le domicile familial, vaste propriété située non loin de Moscou, dans le sud, à Yasmaïa Poliana, et s’éteint le 7 novembre dans l’appartement du chef de gare d’Astapovo. Que s’est-il passé entre-temps ? A partir de sources parfois voire souvent contradictoires, Alberto Cavallari, ancien directeur du Corriere della Sera, offre une version dans laquelle seule la fuite compte. Peu importe qu’elle ait débouché, en raison d’une pneumonie, conséquence des vents glacés d’un automne russe et d’un corps fatigué par quatre-vingt-deux années d’une existence sans repos, sur la mort d’un grand écrivain, l’essentiel est de saisir les tourments d’un être rongé par une vie de couple qu’il anticipa dans la première version de La sonate à Kreuzer, par une soif de création littéraire marquée par un souci obsessionnel du détail et par une incapacité traumatisante à se conformer aux préceptes d’une éthique fondée sur la chasteté et la pauvreté. Alors, fuir, c’est se retrouver, épouser une nouvelle fois la vie telle qu’on a toujours voulu qu’elle soit, revoir une sœur (très beau personnage qu’on aurait aimé connaître davantage) qui a choisi d’entrer au couvent après deux mariages et trois enfants parce que "c’était une religieuse qui connaissait la vie". Mais, fuir, c’est aussi être rattrapé par de vieux démons, la vieillesse, sa propre paranoïa ou celle de sa femme, encore plus délirante. "Fuir, dit-il, il faut fuir", surtout quand on n’a plus le temps.
Alberto Cavallari, La fuite de Tolstoï, (La fuga di Tolstoi, traduit de l’italien par Jean-Paul Manganaro), éd. Christian Bourgois, 2005, 106 pages, 14 €