Le 15 février 2007

- Festival : Festival de Berlin 2007
Marianne Faithfull, prix d’interprétation féminine ?
Marianne Faithfull, prix d’interprétation féminine ?
C’est un peu comme si Miss Marple s’égarait dans l’univers du peep show. Maggie (Marianne Faithfull), une Anglaise franche du collier, plonge dans l’univers glauque des hôtesses et autres travailleuses du sexe en milieu protégé. Sous la coupe de Miki (Miki Manojlovic), elle met à profit sa poignée de main pour libérer les braguettes dans les glory holes du Sexy World, une adresse très cotée de Soho. Mais c’est pour la bonne cause : son petit-fils se meurt dans un lit d’hôpital. Irina Palm a tout d’un twisted joke et Sam Garbarski le raconte avec délectation. Il embarque Marianne Faithfull dans un swinging London interlope, dégraissant la comédie sociale dont le cinéma anglais s’est fait une spécialité. Au rire contre la misère, il préfère filmer le corps de Faihfull, devenu pachydermique, et révéler la beauté d’une femme de rien, produit d’une middle class bête à bouffer du foin. En veuve poignet, l’Ophélie des 60’s est épatante.
De nombreux films de cette Berlinale carburent aussi au sexe et à l’effroi. Les rêves érotiques et les viols sont légion dans cette sélection où même les hennissements hétéros assaillent le plus pieux des musulmans dans son sommeil (Takva, d’Özer Kiziltan). Quant à La masseria delle Allodole, des frères Taviani, ils dévoilent l’horreur du génocide arménien, culminant dans la réification sexuelle des femmes. La chair n’est plus seulement triste mais putride.
Lire notre article "La 57e Berlinale à mi-parcours"