Le 11 novembre 2016
Michael Cretu réinjecte l’ambiance trance religieuse de ses instrumentaux délicatement vocaux dans un nouvel album concept ambitieux.

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On ne prendra pas peur face aux 48 titres de 8e album d’Enigma. Le groupe concept de Michael Cretu, producteur gourou de l’égérie teutonne des années 80, Sandra. Beaucoup, très courts, viennent combler de leur empreinte ambiante un projet vigoureux, bâti sur la durée, et voué à des collectors internationaux, avec traductions dans des différentes langues, dont la nôtre, de déclamations mystiques, typiques du groupe phare de la New Wave Trance des années 90.
- © 2016 Universal Music GmbH
Le style "ambient" du faux-groupe instrumental avait lancé, il y a plus de 26 ans, une tendance phénoménale, permettant à Cretu de devenir numéro 1 en Europe avec Sadeness, suscitant des envies et ersatz en série. Le mélange entre sons électroniques et recompositions de Bach, était une idée moins kitsch que mélodieuse, qui laissait entrevoir l’évolution musicale de la décennie à suivre.
Aujourd’hui la mélancolie est toujours présente, notamment à travers une nouvelle version de Sadeness, où la déesse Anggun vient apposer sa voix avec délicatesse. On la préfère dans ce registre que dans les pitreries vulgaires de Hanouna sur Europe 1.
Le reste de l’album, suave, troublant, délicat, opère la même approche de séduction qu’auparavant, avec des titres souvent efficaces dans leurs envolées (Oxygen Red, Amen, The Die is Cast), dans la lignée ouateuse de Moment of Love d’Art of Noise (Mother).
Cette bande-son pour une oeuvre érotique des années 90 (Agnes Dei) évoque les trailers d’une époque où Enigma, de Sliver (Sharon Stone) à Body (Madonna) rythmait les ébats en salle. Nichant l’intimisme dans ses grandeurs cinématographiques, le nouvel album d’Enigma percute.
Un best-of deux disques, avec remixes, entièrement restauré, ressort parallèlement ce vendredi 11 novembre. Amen.
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