Wild, wild west
Le 26 mars 2020
Le célèbre film des frères Coen est adapté d’un livre culte de l’auteur américain Charles Portis. Pour sa sortie, les éditions du Serpent à Plumes avaient proposé cette drôle d’aventure littéraire, entre rêve des grands espaces et humour sarcastique...

- Auteur : Charles Portis
- Editeur : Le serpent à plumes
- Genre : Cinéma
- Nationalité : Américaine
- Traducteur : John Doucette
- Plus d'informations : Le site de l’éditeur

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Critique : Le 23 février, les frères Coen sont entrés à nouveau sur les terres de l’Ouest, un pays qui n’est définitivement pas fait pour les vieillards... Tout comme No country for old men, True grit est une adaptation, en l’occurrence celle d’un roman élevé au statut d’objet de culte, dès sa parution en 1968. Le livre avait d’ailleurs été adapté une première fois à l’écran, avec l’éternel John Wayne dans le rôle principal. A première vue, rien de très original, si l’on s’en tient aux thèmes fondamentaux de l’Ouest sauvage : de la vengeance, du sang, de l’aventure, le tout parsemé de cette morale puritaine dont les habitants du Sud des Etats-Unis ont le secret. Pourtant, le ton s’installe, incarné par une voix, celle de la jeune Mattie Ross, qui s’impose comme une héroïne déconcertante, au caractère et au langage taillés à la hache. Par le menu, Charles Portis s’amuse à nous décrire la composition des repas de ses personnages ou l’état de leur porte-monnaie, sur un pied d’égalité avec leurs hauts faits d’armes et leur histoire personnelle. En un peu plus de deux cents pages, c’est une carte postale du quotidien de l’Arkansas, au sortir de la guerre de Sécession et à l’avènement d’une ère nouvelle. Si le western est traditionnellement dans la culture américaine le creuset d’une mythologie dotée de ses propres codes, le romancier fait se dégonfler la baudruche, moins en « démythifiant » le mythe qu’en le ramenant à une histoire prosaïque.
Il n’est pas étonnant que les frères Coen aient trouvé matière à images et à scénario dans cette échappée de l’Ouest où les personnages se dessinent rapidement comme des figures familières, parfois exaspérantes, mais toujours étonnamment proches de nous. La jeune Mattie Ross nous conseille de lire des passages de la Bible ; mais les protagonistes, eux, n’ont rien de puritain ni d’empesé : ce sont plutôt de fiers représentants d’une Amérique pas toujours très reluisante, qui n’a pas hésité à massacrer des Indiens et des civils, et à s’organiser en fonction de lois improvisées. Sous couvert d’aventures entre marshals et rangers, la pique de Charles Portis ne passe pas inaperçue aux yeux du lecteur, sans jamais gâcher le plaisir du « spectacle ».
Parution du livre le 20 janvier 2011, aux éditions Le Serpent à Plumes, dans une traduction de John Doucette.