Une nounou en enfer
Le 19 octobre 2009
Les auteurs d’American Splendor déçoivent avec ce film moralisateur et prétentieux. Quelques bons moments tout de même grâce aux acteurs, Scarlett Johansson en tête.


- Réalisateurs : Shari Springer Berman - Robert Pulcini
- Acteurs : Scarlett Johansson, Chris Evans, Laura Linney, Paul Giamatti, Alicia Keys
- Genre : Comédie dramatique, Romance, Teen movie, Film pour ou sur la famille
- Nationalité : Américain
- Distributeur : TFM Distribution
- Durée : 1h44mn
- Date télé : 3 juillet 2023 21:00
- Chaîne : TF1 Séries Films
- Titre original : The Nanny Diaries
- Date de sortie : 14 mai 2008

L'a vu
Veut le voir
Résumé : Annie Braddock est une jeune femme d’origine modeste, tout juste sortie du collège. Pressée par sa mère d’entrer dans la vie active, elle obtient un poste de nounou dans une famille huppée de Manhattan, les X. Un monde insoupçonné s’ouvre alors à elle, exotique et déroutant, semé de pièges et d’embûches. Car la vie chez les X n’a rien d’un long fleuve tranquille : Madame est une bourgeoise radine, hyperactive et maniacodépressive et Monsieur, un tyran de la plus belle espèce. Par chance, leur fils, Grayer, est un adorable gamin auquel Annie s’attache immédiatement, s’efforçant de lui apporter tout l’amour dont le privent ses parents.
Critique : Quelle déception ! Non pas que le film de Shari Springer Berman et Robert Pulcini soit foncièrement déplaisant, mais nous attendions autre chose de la part des auteurs d’American Splendor, magnifique évocation de la vie de l’auteur de BD Harvey Pekar, au lieu de ce gentillet télescopage entre Bridget Jones, Le diable s’habille en Prada et bien sûr Mary Poppins. La verve acide et pertinente du premier long-métrage des deux auteurs a quasiment disparu, faisant place à une pseudo-étude sociologique mollassonne, superficielle et sans surprise de la bourgeoisie new-yorkaise.
La première heure est plutôt drôle, grâce à une Scarlett Johansson étincelante, à la présence fantomatique de Paul Giamatti et à Laura Linney, toujours parfaite dans les rôles irritants. Mais nous ne sommes pas dupes et voyons rapidement où l’on veut grossièrement nous emmener : dans une sorte de plaidoyer culcul et lourdingue pour que les richards amerloques, qui font des enfants comme ils achètent des meubles, pensent un peu à s’occuper de leurs bambins neurasthéniques en mal d’amour parental. On est dans le premier degré total, celui qui prend en otage jusqu’à ce que l’on dise « amen ». Non merci.
L’idylle attendue entre la Scarlett et le beau gosse de service (qui habite dans le même immeuble, wouah, quelle trouvaille scénaristique !) achève d’enfoncer cette œuvre mineure dans la mièvrerie ringarde. Dommage car Scarlett Johansson en « super nanny », cela reste un fantasme éminemment puissant...