Au nom du père
Le 28 mars 2006
Une fois encore, Coupland pénètre au cœur de la Génération X. Cette fois, c’est sur fond de violence et d’intégrisme qu’il étend sur ses filets.


- Auteur : Douglas Coupland
- Editeur : Au diable vauvert
- Genre : Roman & fiction
- Nationalité : Canadienne

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Une fois encore, Coupland pénètre au cœur de la Génération X. Cette fois, c’est sur fond de violence et d’intégrisme qu’il étend sur ses filets.
Chaque ouvrage de Douglas Coupland possède la force d’un uppercut et la puissance d’une décharge de chevrotine. Hey, Nostradamus ! n’échappe évidemment pas à la règle. Toujours aussi acerbe et critique quand il s’agit d’observer à la loupe ce que le continent nord-américain propose comme destin à ses enfants, Coupland dresse ici un parallèle constant entre la religion et l’absence de morale, histoire de faire saigner les âmes de toutes les brebis égarées.
Le point de départ de ce roman est un carnage meurtrier durant lequel trois élèves d’un lycée de Vancouver tirent à vue sur leurs camarades. Nous sommes en 1988 et, parmi les victimes, il y a Cheryl, une gamine de dix-sept ans, membre d’un cercle de jeunes ultras catholiques. Cheryl vient de se marier en secret avec Jason lors d’une escapade éclair à Las Vegas. C’est d’ailleurs Jason qui, fou de colère, viendra régler son compte aux assassins et fera cesser la tuerie. Mais c’est parce que ce geste sera condamné par un père autoritaire, rigoriste et borné, que Jason perdra pied et mettra sa vie entre parenthèses.
Dix ans après, nous retrouvons Jason, marqué au fer rouge par cette histoire. Est-il parvenu à se reconstruire ? Est-il considéré comme un héros ? Autant de questions posées par Douglas Coupland qui continue, au fil de sa production, d’explorer l’évolution des consciences. Féroce critique de l’aveuglement religieux, analyse sans concessions de la déperdition et de l’échec, ce roman en épatera plus d’un par sa noirceur visionnaire. De sa prose azimutée et d’un regard ténébreux, Coupland signe un texte qui en dit long sur une jeunesse partagée entre dévotion silencieuse et désir d’indépendance.
Douglas Coupland, Hey, Nostradamus ! (traduit de l’américain par Maryvonne Ssossé), Au Diable Vauvert, 2006, 295 pages, 20 €