Le 3 août 2019

- Date télé : 17 janvier 2020 21:05
- Chaîne : France 4
Programme inamovible du service public, Fort Boyard est l’émission qu’on se transmet comme un leg patrimonial.
News : Ce soir encore, un certain nombre de spectateurs regarderont Fort Boyard en famille. Les adultes se rappelleront qu’ils ont connu les débuts de l’émission, quelques-uns se souviendront même que le programme, comme on disait à l’époque, s’appelait Les Clés de Fort Boyard, mais c’était sans doute un titre trop long. Divertissement habile, qui a su faire évoluer ses épreuves, tout en conservant son état d’esprit initial, avec des personnages devenus mythiques, Fort Boyard est vraiment l’inamovible phare qui résiste à toutes les modes, ne se ringardise jamais, peut-être parce qu’il était, au départ, déjà conscient de sa propre capacité à être parodié et en jouait. Bien sûr, on pensera spontanément au sketch des Inconnus, qui se moque à la fois des épreuves proposées (bestioles en tous genres, recherche compulsive de la clé par tous les moyens, jeu avec les jingles musicaux). Le trio comique pourrait encore faire son miel des difficultés auxquelles sont confrontés, depuis quelques saisons, les candidats qui ne sont plus des anonymes résolus à participer pour eux-mêmes, mais des célébrités lancées à l’assaut du trésor, dans un but caritatif. Beaucoup d’épreuves pourraient être pastichées. Mais il en est une qui résisterait : celle qui consiste à ingurgiter les immondes repas du sardonique chef cuisinier Willy. Ce redoutable défi a la vertu de générer des moments suffisamment drôles pour qu’on s’en contente, sans souhaiter de doublon.
Au fil des années, conscient d’être devenu un mythe télévisuel à part entière, Fort Boyard a lâché du lest, question sérieux : fini l’animateur, soudainement grave, qui devient Maître du Fort et commande une armée de serviteurs zélés, comme dans Star Wars. Olivier Minne est un intercesseur plus débonnaire que Patrice Laffont, le père Fouras est descendu de son phare et même Francis Lalanne est venu dire bonjour dans une version rigolarde de sa caricature, en Narcisse gentiment déjanté.
Bref, Fort Boyard vieillit bien, l’air marin lui va au teint. Et son générique sera bientôt aussi connu que La Marseillaise.