Le 20 février 2007

- Festival : Festival de Berlin 2007
Ecrémage géographique plus qu’esthétique.
Ecrémage géographique plus qu’esthétique.
A lui seul le palmarès de cette 57e Berlinale est un concentré d’idées reçues - même si elles sont bienveillantes - sur le cinéma. Une sorte de précipité altermondialiste où le jury a distingué les films selon leur origine géographique plus que sur des critères esthétiques ou émotionnels.
En résumé, l’Asie remporte la mise (la Chine, Ours d’or avec Tuya’s marriage, de Wang Quan’an et la Corée, prix Alfred-Bauer avec I am a cyborg but that’s ok, de Park Chan-wook). L’Argentine (ah, la tarte à la crème du nuevo cinema) brille avec El otro, d’Ariel Rotter, grand prix du jury et prix d’interprétation masculine pour Julio Chavez, tandis qu’Israël et son Beaufort, de Joseph Cedar, décrochent le prix de la mise en scène. L’Allemagne, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne (respectivement prix d’interprétation féminine, prix de la meilleure contribution artistique et prix de la meilleure musique pour Yulla, The good shepherd et Hallam Foe) ont été récompensés au cours d’une soirée qui n’était pas sans rappeler les grandes heures des Vieilles Charrues. Mia, une chanteuse allemande kitsch, et son band de boys azimutés ont rythmé la soirée au son d’une pop eighties à souhait.
Faire la fine bouche devant ce palmarès serait assez mal venu. Le cinéma se fait bien hors de nos frontières hexagonales et européennes. Reste que Téchiné (Les témoins), Saverio Costanzo (In memoria di me, un film à la beauté hiératique) et Hal Hartley (en pleine forme avec Fay Grim, au Panorama, une section parallèle) repartent bredouille de Berlin. Injustice au-delà du Rhin, succès en deçà ?
La Berlinale est cependant l’un des rares festivals internationaux à cultiver le brassage avec intelligence. Les films queers et des problématiques plus larges (Eat, drink, see movies, sur les rapports entre le cinéma et la gastronomie) n’ont pas fait bande à part. Il a juste manqué à cette édition la découverte d’un nouveau cinéaste, étoile filante dans le ciel berlinois.
Voir le palmarès complet sur le site de la Berlinale