Dark city
Le 2 janvier 2009
Les faiblesses narratives de Wonderful days sont compensées par un travail visuel très abouti.


- Réalisateur : Kim Moon-saeng
- Genre : Science-fiction, Animation, Manga
- Nationalité : Sud-coréen
- Editeur vidéo : Fox Pathé Europa

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– Durée : 1h27mn
Les faiblesses narratives de Wonderful days sont compensées par un travail visuel très abouti. On attend donc le prochain opus de Kim Moon-saeng avec impatience.
L’argument : En 2142, la civilisation a été détruite par la guerre et la pollution mais les survivants qui maîtrisaient la technologie ont construit une ville où la nature est restituée : Ecoban. Paradoxe : l’unique énergie d’Ecoban provient de la pollution. Un seul homme se dresse contre Ecoban : il veut juste retrouver le bleu du ciel. Belle ambition.
Notre avis : Ce n’est pas nouveau : la Corée du Sud est un territoire cinématographique extrêmement prometteur, peu importent les genres (film de fantômes, polar, comédie, drame érotique...). En ce qui concerne l’animation, le très beau Mari Iyagi (superbe dessin animé mélancolique sur le ressouvenir et l’innocence de la petite enfance confrontée à l’horreur du monde adulte) nous avait déjà époustouflés. Un an plus tard, c’est au tour de Wonderful days (de Kim Moon-saeng) de faire sa fracassante entrée dans la cour des grands.
Pour s’extraire du clivage manichéen qui consiste à séparer le monde de l’animation en deux (2D versus 3D), Wonderful days prend la tangente en conciliant différents supports techniques (matte painting, animation cellulo, 2D, 3D, miniaturisation...). Le projet est ambitieux et, à l’exception de quelques excès, fonctionne plutôt bien. On est impressionnés par la fluidité de l’ensemble mais le manque d’originalité d’une intrigue aux influences trop évidentes (impossible de ne pas penser aux deux Metropolis) empêche le film de sortir du rang. Accessoirement, les ressorts sont convenus et la conclusion, sans surprise.
Mais, comme bien souvent dans ce genre de productions, les faiblesses narratives sont compensées par un travail visuel très abouti. Tout s’emboîte comme par magie sur fond d’orchestre symphonique. Et c’est souvent beau. On ne parlera donc pas de révolution (Wonderful days reste quoi qu’on en pense un coup d’essai), mais on est prêts à parier que si Kim Moon-saeng applique son style formel à un scénario plus personnel, pas de doute : le résultat sera miraculeux.