Merci patron !
Le 14 février 2010
Chronique plurielle sur les vicissitudes de la vie en entreprise.


- Réalisateur : Jean-Marc Moutout
- Acteurs : Laurent Lucas, Jérémie Renier, Pierre Cassignard, Samir Guesmi, Olivier Perrier, Nozha Khouadra, Cylia Malki, Martine Chevallier, Dani
- Genre : Comédie dramatique
- Nationalité : Français
- Distributeur : Les Films du Losange
- Editeur vidéo : Pias
- Durée : 1h39mn
- Date de sortie : 14 janvier 2004
Résumé : Philippe, vingt-cinq ans, arrive de province pour intégrer à Paris un grand cabinet de consultants en entreprise. Sa première mission est de préparer le rachat encore confidentiel d’une usine par un grand groupe. Ses premiers rapports dans l’entreprise sont convaincants et il gagne petit à petit la confiance de son chef...
Critique : Le synopsis du film peut faire penser à Ressources humaines de Laurent Cantet (un jeune diplômé découvre les cruelles lois du monde de l’entreprise). Mais ce serait réduire à bien peu de chose la densité du premier long métrage de Jean-Marc Moutout. Chronique plurielle sur les vicissitudes de la vie, le scénario s’intéresse en fait aux contrariétés de plusieurs personnages. S’il peut sembler étrange, le titre rend parfaitement justice à un propos qui tend à montrer comment, dans notre monde apparemment civilisé, les rapports humains sont déshumanisés et âpres. La première scène dans le métro, où Philippe (Jérémie Renier) ose courageusement défendre une demoiselle devant une foule anonyme et mutique, en est l’exemple le plus probant.
À travers le parcours de ce jeune homme qui entre dans le monde de l’entreprise, le cinéaste dépeint des relations affectées et dépourvues de sincérité où tout est fondé sur l’intérêt, dans l’attente d’un retour d’ascenseur. Les travailleurs sont ici représentés comme des guerriers modernes qui doivent rester stoïques en toute circonstance, sans jamais laisser percer la moindre faille. La mise en scène appuie le trait et multiplie les gros plans pour que les face-à-face deviennent des duels. Sorte de fil conducteur de l’intrigue, Philippe découvre qu’il est préférable d’être cynique pour ne pas être trop sensible et préfère faire du mal aux autres avant qu’on ne lui en fasse.
Heureusement, il n’y a pas de jugement lourdement moralisateur : si le personnage suit ce chemin, c’est que dans notre société carnassière, il faut être blindé pour s’en sortir. Singulièrement, les passages les plus touchants du film ne concernent pas les états d’âme du protagoniste mais les angoisses souterraines, les doutes, les remords des personnages secondaires. Comme cette directrice administrative (Martine Chevallier) qui se demande avec le recul si cela valait la peine d’arborer pendant toutes ses années ce masque impassible alors qu’intérieurement, tout allait mal. Sa prise de conscience, très émouvante, est le moment le plus fort du film.
VincentLesageCritique 31 mai 2007
Violence des échanges en milieu tempéré - Jean-Marc Moutout - critique
Chronique d’un jeune idéaliste torturé par la triste réalité économique, où la valeur humaine est vaine face au(x) désir(s) de profits. Jérémie Rénier est une fois de plus excellent, dans le rôle d’un novice confronté dans la cruauté sociale, hésitant entre ambition et humanité.