Vent mauvais
Le 20 juin 2006
Le double portrait d’un Cuba délétère et d’un enquêteur qui aurait bien voulu être un autre. Un polar rêveur et subtil.


- Auteur : Leonardo Padura
- Editeur : Métailié
- Nationalité : Cubaine
Padura poursuit le double portrait d’un Cuba délétère et d’un enquêteur qui aurait bien voulu être un autre. Un polar rêveur et subtil.
Le meurtre sordide d’une jeune enseignante contraint l’inspecteur Mario Conde à se lancer dans une enquête en eaux troubles. Pourtant, il vient de tomber fou amoureux d’une saxophoniste qui cultive son mystère et voudrait bien se concentrer sur cette inespérée chance de bonheur...
Dans ce nouvel opus du cyle "Les quatres saisons", situé en 1989, Mario Conde n’a guère changé : même propension à vivre au passé, mêmes nostalgie sans issue des possibles enfuis. Il mène sa quête obstinée dans un Cuba délétère et oppressant. Car Léonardo Padura poursuit à travers ce roman le subtil portrait de son île : tendre, lorsqu’il s’agit d’évoquer la vie de quartier et les amitiés indefectibles ; féroce, quand il fustige l’hypocrisie d’un système où tout se vend et où presque chacun a son prix.
Cousin du Pepe Carvalho de Manuel Vazquez Montalban, Mario Conde trouve dans la bonne chair, le rhum et l’autodérision les consolations indispensables pour survivre dans ce monde décevant. Eternel amoureux de l’amour et des causes perdues (dans l’univers de Padura, la nuance est douloureusement floue), il campe un personnage attachant et drôle au milieu des déboires, un "chercheur de l’éternel" infiniment humain.
Leonardo Padura, Vents de carême (Vientos de cuaresma, traduit de l’espagnol (Cuba) par François Gaudry), Métailié, coll. "Suites", 231 pages, 2006, 9,50 €
Cédric Vigneault 21 juin 2006
Vents de carême - Leonardo Padura - critique livre
Bonjour Sophie,
Bravo pour tes deux chroniques !!!
Tu ne dévoiles rien de l’histoire tout en présentant l’atmosphère de l’auteur.
Chapeau bas.
Un lecteur du senor Padura