La séparation
Le 18 janvier 2011
Chronique d’une séparation. Un joli film roumain, moment fort de la section Un Certain Regard de la Sélection officielle cannoise.


- Réalisateur : Radu Munteanu
- Acteurs : Maria Popistasu, Mimi Branescu, Mirela Oprisor
- Genre : Comédie dramatique
- Nationalité : Roumain
- Distributeur : Shellac
- Durée : 1h39mn
- Titre original : Marti, Dupa Craciun
- Date de sortie : 8 décembre 2010
- Plus d'informations : Site officiel du film
- Festival : Festival de Cannes 2010

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– Gopos Awards, Romania 2011 : Meilleure actrice pour Mirela Oprisor
L’argument : Paul et Adriana sont mariés depuis dix ans et ont une petite fille de huit ans, Mara. Depuis six mois, Paul entretient une liaison extraconjugale avec Raluca, dentiste.
Paul, qui essaie de partager les quelques jours précédant Noël entre Raluca, la recherche des cadeaux et les soirées en famille, décide de faire une dernière visite avec Mara au cabinet de Raluca. Un imprévu dans l’emploi du temps d’Adriana fait que les deux femmes se rencontrent pour la première fois. Sans donner lieu à une confrontation, cette rencontre met Paul face à un choix difficile.
- Copyright Shellac
Notre avis : Après Boogie, Radu Muntean a su créer un film d’un intimisme maîtrisé et d’une réelle intensité, transcendant un scénario rabâché par un sens du dialogue et de l’agencement de plans-séquences. Certains ne manqueront pas de souligner l’inscription de l’œuvre dans tout un courant de la « nouvelle vague roumaine », dont 4 mois, 3 semaines, 2 jours reste l’emblématique étalon. Moins oppressant, Mardi, après Noël adopte volontiers les ruptures de ton et les situations inattendues (la coupe de cheveux dans la salle de bain, la rencontre avec la mère de Raluca) et fait davantage songer aux premiers films de Forman (Les amours d’une blonde) ou à certains passages des Contes moraux de Rohmer. Aux conversations quotidiennes convenues de l’avant-mardi s’opposent l’extériorisation et la violence des sentiments, la caméra faussement discrète traquant à merveille l’humaine animalité des émotions lancées au partenaire. Par moments, la belle machinerie se retourne contre elle-même et Muntean n’évite ni la tentation de l’exercice de style, ni celle de réaliser son Scènes de la vie conjugale. Mais ces quelques réserves n’occultent pas la beauté trouble du film qui contient déjà deux séquences d’anthologie : la rencontre impromptue des deux femmes dans le cabinet de dentiste et l’aveu de l’infidélité, permettant au passage à l’actrice Mirela Opresor de composer un beau personnage d’épouse bafouée, loin de la sensiblerie et du surjeu que l’on pouvait craindre. Des premiers plans d’ouverture (le long dialogue des deux amants nus au lit) au dénouement ayant pour cadre un bien triste repas familial à Noël, cette chronique d’une rupture annoncée au ton enjoué et mélancolique distille donc un charme irrésistible qui a constitué l’un des moments forts de la section Un Certain Regard de la Sélection officielle cannoise.
La bande-annonce :