XIII²
Le 1er octobre 2020
Matt Damon revient dans la peau de Jason Bourne pour un deuxième chapitre nettement plus abouti que le précédent.


- Réalisateur : Paul Greengrass
- Acteurs : Franka Potente, Matt Damon, Brian Cox, Joan Allen, Karl Urban, Julia Stiles, Karel Roden
- Genre : Action, Thriller, Espionnage
- Nationalité : Américain
- Distributeur : UIP (United International Pictures)
- Editeur vidéo : Universal Pictures Video
- Durée : 1h40mn
- Date télé : 5 février 2025 23:05
- Chaîne : TFX
- Box-office : 1.130.033 entrées (France)
- Titre original : The Bourne Supremacy
- Date de sortie : 8 septembre 2004
- Voir le dossier : Dossier Jason Bourne

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Résumé : Dans le précédent volet, [{La mémoire dans la peau}->2615], on avait laissé Jason Bourne, ex-tueur d’élite amnésique, réglant ses comptes à Paris avec ses anciens copains de la CIA. Il en sortait miraculeusement indemne... Toujours accompagné de Marie, il se fait désormais oublier en Inde où il peut cavaler sur les plages toujours à la recherche de ses souvenirs fragmentés. Jusqu’au jour où un complot l’oblige à sortir de sa réserve et reprendre les armes.
Critique : On prend presque les mêmes et on recommence en mieux ! Exit en effet le réalisateur Doug Liman au profit de Paul Greengrass, remarqué pour le magistral Bloody Sunday. Caméra à l’épaule, l’ancien journaliste documentariste avait reconstitué à la manière d’un reportage saisissant le massacre de civils irlandais par l’armée anglaise. Ours d’or à Berlin.
Heureuse idée donc des producteurs qui l’ont spécifiquement embauché pour sa mise en scène percutante et ultra-réaliste. Et c’est le gros argument du film : une tension palpable, une nervosité incroyable, tant dans les scènes d’action que dans la fureur contrôlée de Jason Bourne. On ne badine pas ici avec de l’artifice numérique, la tôle est réellement froissée, les acteurs se foutent vraiment dessus, et le spectateur est littéralement plongé au cœur de l’action.
Et effectivement, c’est jouissif de voir la tête de Matt Damon valdinguer après avoir été percuté de plein fouet par une Mercedes. Ce qui démontre l’implication de l’acteur dans cette franchise. Pour une fois, son sourire angélique disparaît au profit d’un regard inquiétant et désespéré. On y croit lorsqu’il étrangle froidement un ancien collègue de la cellule Treadstone.
Le personnage de Jason Bourne en sort donc plus riche, plus approfondi ; il explore des zones abyssales pleines de sauvagerie, au risque de rebuter les spectateurs peu habitués à un traitement aussi adulte. Et les seconds rôles ne sont pas en reste. Tous ont quelque chose à défendre dans ce scénario habilement conçu, distillant avec classe suspense, espionnage, violence et action. Pour preuve et fait rare, tous les acteurs (Brian Cox, Franka Potente, Chris Cooper) du précédent volet ont rempilé - même les morts lors d’efficaces flash-back !
Ne mâchons pas nos mots, on se régale avec cette suite, largement supérieure à La mémoire dans la peau, et ce à tous les niveaux : écriture, mise en scène, intérêt. Les fans de la première heure apprécieront le parallélisme avec le premier du nom (baston à mains nues, course-poursuite d’anthologie en voitures) ; les nouveaux venus seront sidérés, et accessoirement rassurés, de voir qu’Hollywood peut sortir de ses usines un produit intelligent, couillu et divertissant.
Les suppléments : A l’image du film, les bonus sont efficaces, informatifs. Une succession de petits making of vous renseigne sur la fabrication de La mort dans la peau : on y parle de réalisme, de chorégraphie des combats, de cascades en voitures. Le plus intéressant est sans conteste celui consacré à la Go-Mobile (véhicule hybride permettant des angles de vue inédites), invention de génie conçue pour la course-poursuite dans les rues de Moscou. En revanche, les quelques « scènes inédites explosives » n’ont d’explosive que le titre. Nul ! Enfin, les plus fanas pourront se laisser bercer par les commentaires audio de Paul Greengrass, aussi captivant que sa mise en scène.
La technique : L’image est impeccable, contrastée à souhait par moments, saturée à d’autres, ce qui amplifie considérablement la facture ultra-réaliste du film. Le son quant à lui fait cracher les enceintes en Dolby Digital 5.1, avec un paroxysme lors de la course-poursuite finale.