Le 1er décembre 2012

Cinéma et Sida ? Beaucoup de frilosité... Découvrez les films sur le thème.
Cinéma et Sida ? Beaucoup de frilosité...
A l’occasion de la journée mondiale de la santé, petit retour sur les grands films qui ont eu le courage d’aborder le thème du "cancer gay" au cinéma, alors que les chiffres de contamination en 2011 ont diminué. Bref, sortez toujours plus couverts pour que plus jamais cela ne se reproduise !
1 Les nuits fauves : Cyril Collard gravement atteint dans sa maladie livre une oeuvre sombre, malaisée, grand cri de désespoir où il n’est pas question d’apparaître comme affable. La maladie le ronge et le cinéaste ne fait pas l’impasse sur sa personnalité et ses habitudes sexuelles peu exposées dans des productions destinées à un public large. Interdite aux moins de 13 ans, cette oeuvre d’une noirceur extrême, passionne, choque, provoque la polémique alors que le film sort 6 mois avant la mort de l’acteur réalisateur en phase terminale. On parle de film générationnel.
2 Un compagnon de longue date : film communautaire qui devient un succès public urbain assez large, avec des critiques faramineuses révèle le comédien Campbell Scott. Le cinéaste Norman René revient sur les années de l’émergence du virus dans la communauté gay américaine au début des années 80. Historique !
3 Les témoins : Téchiné revient sur une décennie des eighties pas si "gay" que cela, avec ce drame médical percutant où Michel Blanc en médecin affiche un ton dramatique dans lequel il excelle. Une reconstitution historique impressionnante.
4 Le temps qui reste : Ozon aborde la maladie, sans trop la nommer et soumet Melvil Poupaud à une métamorphose physique et psychologique qui glace les sangs.
5 Jeanne et le garçon formidable (1998) : Olivier Ducastel et Jacques Martineau revisitent Jacques Demy avec une chronique amoureuse au pluriel, empreinte de liberté et de numéros de chants glorieux. Virginie Ledoyen papillonne de rencontre en rencontre, alors que le spectre viral frappe !
7 Peter’s friends (1992) : toute la classe de Kenneth Branagh dans cette ode à l’amitié en fin de vie, avec une révélation forcément tragique. Hugh Laurie, Stephen Fry, Emma Thompson, Imelda Staunton... Le casting est remarquable.
8 Kids (1995) : Larry Clark inocule le virus à ces jeunes qu’il filme en extase dans des situations sexuelles explicites. Triste jeunesse ?
9 Un ano sin amor (2005) : l’argentin Anahí Berneri filme l’errance glauque d’un écrivain condamné dans le milieu S.M. La catharsis n’est jamais très loin.
10 House of boys : chronique des premiers jours de l’apparition de la maladie en Europe et ses ravages à travers une belle histoire d’amour au masculin.
11 N’oublie pas que tu vas mourir (1996) : le film le plus cru de Xavier Beauvois, rempli d’une rage propre aux années SIDA, où un jeune homme apprend qu’il va mourir. A l’instar des Nuits fauves, malaisé !
12 I am because we are (2009) : le documentaire produit par Madonna sur les ravages de la maladie au Malawi. Des maladresses, mais des données effarantes.
13 Philadelphia (1994) : quand Hollywood s’intéresse pour la première fois au sujet dans un film à Oscar : un mélo incontournable pour les uns, insupportable pour les autres. On se rangerait dans cette deuxième catégorie, au moins, Jonathan Demme a-t-il fait avancer les choses et la chanson de Springsteen, The Streets of Philadelphia demeure une pure merveille !
Du côté du cinéma racoleur, on notera en 1986 la production franco-allemande A.I.D.S trop jeune pour mourir de Hans Noever avec Géraldine Danon.