La comédie du pouvoir
Le 8 novembre 2012
Une déambulation douce-amère qui peine à trouver ses marques. On a connu Iosseliani plus inspiré.


- Réalisateur : Otar Iosseliani
- Acteurs : Michel Piccoli, Séverin Blanchet, Jacynthe Jacquet, Otar Iosseliani
- Genre : Comédie
- Nationalité : Français, Italien, Russe
- Distributeur : Les Films du Losange
- Durée : 1h57mn
- Date de sortie : 6 septembre 2006

L'a vu
Veut le voir
Résumé : Vincent est un ministre tout-puissant : un immense bureau, des secrétaires, une limousine avec chauffeur et gardes du corps, une très belle femme, Odile, qui passe ses journées à dépenser son argent. Soudain, une manifestation gronde sous ses fenêtres, le peuple qu’il a si longtemps ignoré l’oblige à démissionner. Désormais seul, de retour dans l’appartement de son enfance, il redécouvre avec ses amis le plaisir de boire un verre, le goût de la musique, de la séduction amoureuse et la douceur des jardins publics.
Critique : Il y a, dans Jardins en automne, une idée géniale qui mérite à elle seule la vision du film : Michel Piccoli, métamorphosé (nous ne développerons pas, nous en avons déjà trop dit). Ludique et tordant. Presque de quoi nous faire oublier le doux ratage de ce film qui semble mal s’accorder de ses ambitions.
On ne s’étonnera donc guère de cette première partie qui s’amuse à représenter la politique comme un cirque ostentatoire où les ministres valsent dans un incessant jeu de chaises musicales. Avec un certain sens du loufoque, Iosseliani parvient à emballer quelques scènes truculentes. Mais le sujet est ailleurs : les interrogations d’un homme à l’automne de sa vie prennent progressivement des allures de pensum un brin simpliste. Sans surprises, le cinéaste nous déroule son univers habituel, fait de poivrots et autres marginaux. Les saynètes s’enchaînent sans réelle logique narrative, sacrifiant la spontanéité à une lucidité convenue. Tout au plus pourra-t-on remarquer une certaine actualité dans le discours (les scènes dans le squat). Si le film parvient à maintenir l’intérêt du spectateur (deux heures, c’est long), c’est grâce à ses interprètes, des inconnus pour la plupart. Iosseliani, et c’est tant mieux, croît encore au pouvoir évocateur des "gueules" d’acteur. Ici, les amateurs seront servis : c’est un vrai défilé. De quoi apporter un surplus d’humanité à un film qui en a décidément bien besoin, peu capable d’accompagner ses personnages au bout de leurs parcours. Plein de belles promesses et d’espoirs désamorcés, Jardins en automne présente les symptômes d’un film prématurément fané.