Le 7 février 2021
J.D. Vance, aujourd’hui homme d’affaires reconnu, raconte son enfance issue d’un milieu défavorisé de l’Amérique blanche. D’une biographie à dimension politique, le réalisateur de films populaires Ron Howard tire un mélodrame édifiant.


- Réalisateur : Ron Howard
- Acteurs : Glenn Close, Haley Bennett, Amy Adams, Gabriel Basso
- Genre : Biopic, Mélodrame
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Netflix
- Durée : 1h57mn
- Titre original : Hillbilly Elegy
- Date de sortie : 24 novembre 2020

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Résumé : Chez son arrière-grand-mère dans les Appalaches dont il est originaire, J.D Vance, un adolescent (Owen Asztalos) passe ses vacances en famille, représentée par quatre générations. Même si son grand-père "Papaw" (Bo Hopkins) est présent mais effacé, ce sont les femmes qui mènent la barque : "Mamaw" (Glenn Close), grand-mère gouailleuse, tabagique et directive, sa mère Bev (Amy Adams), une extravertie coléreuse, s’est vu retirer sa licence d’infirmière, en raison de ses addictions régulières à la drogue. Lindsay (Haley Bennett), sa sœur aînée, douce et compréhensive, est, elle, totalement écrasée par cette lourde filiation.
Critique : Ron Howard, réalisateur à succès de films populaires souvent à grand spectacle, comme Apollo 13 en 1995, ou Da Vinci Code en 2006, tous deux avec Tom Hanks, s’attaque ici à l’adaptation d’une biographie récente. Il s’agit de celle de J.D. Vance, homme d’affaires réputé, issu d’un milieu défavorisé. Ce livre a mis en lumière le déclassement de certaines populations blanches suite à la crise de 2008 ; ceux-là même qui ont participé à l’élection de Donald Trump, en 2016.
Ce sujet, sur fond politique semble, a priori, bien loin de l’univers du cinéaste. Qu’à cela ne tienne, il réussit tout de même à orienter son récit vers le pur mélodrame. On retrouve, comme dans bon nombre de biopics américains, l’histoire édifiante du self made man, que rien ne prédestinait à une brillante carrière. Toutes les scènes, parfois caméra à l’épaule -on se demande bien pourquoi- visent toujours à tendre vers le plus classique des mélodrames. On s’attend, au détour d’une séquence, à une révélation spectaculaire et on reste sur les éléments d’une biographie, non enviable certes, mais tout de même bien banale.
Restent les prestations époustouflantes des actrices principales : Haley Bennett, si belle et mystérieuse dans Swallow de Carlo Mirabella-Davis (2019) se transforme en figure maternelle rougeaude, en surpoids et mal fagotée ! L’élégante Amy Adams, pas mieux habillée, devient une mère impossible, menteuse, grossière et égoïste.
Glenn Close, en grand-mère méconnaissable avec des cheveux crépus et une paire de lunettes gigantesque, cigarette perpétuelle en main, incarne le seul personnage vraiment responsable de cette difficile famille.
On peut facilement augurer, pour ces trois actrices, une place dans la course aux Oscars 2021.