Demi-tarif
Le 29 juillet 2014
Une série de gags "hénaurmes" et de sketches très inégaux fait-elle un film ?


- Réalisateur : Éric Lartigau
- Acteurs : Marina Foïs, Kad, Olivier Barroux
- Genre : Comédie
- Nationalité : Français
- Durée : 1h30mn
- Date de sortie : 18 janvier 2006

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Le nouveaux machin cinématographique de Kad et Olivier, inégal, scénario ticket de métro, joue le ticket post-Nuls à fond. Une série de gags "hénaurmes" et de sketches très inégaux fait-elle un film ?
L’argument : Face à l’incompréhension de la population française quant au montant des crédits alloués à la recherche spatiale, le gouvernement lance une vaste opération de communication. "Le ticket pour l’espace", un jeu à gratter, va permettre à deux civils de séjourner dans la station orbitale européenne, en compagnie d’un équipage professionnel. L’un, surdoué, cache quelque chose, l’autre, idiot, part pour son fils, "sa bataille".
Notre avis : Voici qu’arrive le nouveau Kad & O, grosse machine médiatique et gros moyens, trois ans après Mais qui a tué Pamela Rose ? Si le sujet n’est plus le même, ce Ticket pour l’espace ne surprendra personne. C’est con, très con, mais on est venu pour ça. L’histoire de ces touristes de l’espace est prétexte à une relecture plutôt creuse des règles du thriller des étoiles, style Armageddon ou Apollo 13, avec effets spéciaux super chouettes (mais inutiles ici, ce n’est pas le sujet). Evidemment, on ne préfère pas dire qui, mais dans la bande de frustrés, idiots, coincés, pince-sans-rire, gaffeurs (et... Bretonne) qui s’embarque dans la fusée, il y en a un qu’est pas net, et qui va jouer le méchant.
Mais finalement le scénario est sans intérêt ici, et est globalement assez fidèle à ce qu’aurait fait n’importe quel film sérieux avec humains en détresse dans l’espace. Tout a bien plutôt l’air du résultat d’une bonne soirée fondue au ski avec concours de blagues du plus mauvais goût (mais rarement vulgaires, ce qui se respecte). Ça part dans tous les sens, du degré zéro (je glisse, je tombe, ah ah !) au jeu de mots tiré par les cheveux (un tueur qui échange les vêtements de ses victimes, à Rosny-sous-Bois, et qu’on appelle... l’échangeur de Rosny) en passant par un goût pour le surréalisme gras (les moutons, en 2050, savent piloter les hélicoptères).
Finalement, le trio Lartigau, Kad et Olivier, s’inscrit dans la veine des Nuls, qui eux-mêmes descendaient des Monty Pythons. Tristement, de génération en génération, le talent s’est estompé, et Un ticket pour l’espace n’est qu’un honnête divertissement, pas franchement un film, plutôt une compil de gags, quasiment tous lâchés dans les bandes annonces. L’essentiel est sauf, puisqu’on rit (souvent de la nullité des blagues, d’ailleurs), on s’amuse, on passe un bon moment. Un ticket pour l’espace est-il pour autant un "film" ? A vous de voir, selon votre définition du cinéma. Pour nous, ce sera non, mais c’est pas grave.