Cinéma
Le 26 janvier 2002
Dénonciateur et engagé, un film qui s’inscrit totalement dans la lignée de l’œuvre de Loach.

- Réalisateur : Ken Loach
- Acteurs : Joe Duttin, Tom Craig
- Genre : Comédie dramatique
- Nationalité : Britannique

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– Durée : 1h36mn
Dénonciateur et engagé, un film qui s’inscrit totalement dans la lignée de l’œuvre de Loach.
The navigators, ce sont Paul, Mick, Gerry et Jim (entre autres), ouvriers du rail, travaillant pour un maigre salaire, passant leurs journées à porter des traverses, à dégager et à rétablir des voies, par tous les temps, mais le tout dans une humeur bon enfant. Jusqu’au jour où (l’action se passe en 1995), la privatisation fait son entrée dans ce monde en bouleversant tout sur son passage, à commencer par la vie des cheminots.
Les conséquences d’un tel changement sont rendues de manière réaliste : entre ceux qui se plient aux "nouvelles exigences du marché" et ceux qui y résistent autant qu’ils le peuvent, différents cas de figures sont abordés.
L’authenticité et le naturel de la mise en scène, ainsi que de l’interprétation, nous feraient presque oublier que nous sommes au cinéma, comme c’est souvent le cas avec Ken Loach. Le regard humaniste de ce réalisateur est au plus juste, comme lors de ses précédentes réalisations, et notamment Raining stones ou, dans un autre contexte (celui de la guerre d’Espagne) Land and freedom. Il existe une vraie intégrité chez Loach et ses films en sont un indéniable vecteur. Ce qui anime ce réalisateur britannique, depuis 1967 et son premier long métrage, Pas de larmes pour Joy (avec Terence Stamp), est intact : un cinéma au plus près des gens, de leurs préoccupations (à savoir : vivre, quand il ne s’agit pas de survivre), de leurs luttes pour leur reconnaissance et leurs droits, le tout guidé par un regard intéressé et intéressant sur des anti-héros.
Avec The navigators, nous avons un bel exemple de ce que Ken Loach sait faire : un film ancré dans la réalité, au service de l’engagement social, politique, voire même militant mais surtout, et là est le talent, sans pathos ni misérabilisme.