Le 25 mars 2005

- Acteur : Gilberto Gil
Trois questions à Gilberto Gil.
Mercredi 23 mars 2005, Hôtel Georges V, 11 heures du matin et des poussières. Le célèbre chanteur (et ministre) brésilien Gilberto Gil et le réalisateur Lula Buarque de Hollanda viennent parler du film Pierre Verger, messager entre deux mondes. Un pur moment de bonheur et d’émotion, à l’image du regretté photographe et ethnologue ! Début de la conférence de presse. Le sexagénaire Gilberto Gil arpente la salle luxueuse d’un pas serein, le sourire aux lèvres. Les journalistes et les membres de l’association Jangada à l’origine de cette entrevue retiennent leur souffle. L’homme, majestueux dans son beau costume noir, arbore un front dégagé par une élégante queue de cheval, et vient s’asseoir parmi nous. Doux instants de pitrerie qui nous rapprochent de lui et qui nous feraient presque oublier que nous sommes venus "travailler".
TROIS QUESTIONS À GILBERTO GIL
Le film insiste sur le fait que Pierre Verger n’était pas un ethnologue comme les autres. Pourquoi ?
Pierre Verger refusait d’approcher l’homme de manière scientiste ou sociale. Il ne cherchait pas la célébrité. Son travail portait sur la recherche de la beauté, de la relation de l’homme avec la nature [...] Pour lui, la pauvreté était une forme de richesse, il ne pouvait donc pas la dénoncer à travers ses photos.
Pierre Verger croyait-il ?
Pierre Verger était beaucoup trop rationaliste pour avoir la foi. Cependant, il respectait la dynamique qui en émanait. Il s’intéressait à ce que la religion représente esthétiquement. En fait, il l’abordait dans sa dimension humaine. (Et Gilberto Gil d’ajouter en souriant :) Croire n’est pas la question. Vivre est la question !
En quoi peut-on comparer le Brésil et l’Afrique ?
Le candomblé [1], la cuisine, le style de vie et la dimension affective des rapports humains sont très similaires au Brésil et en Afrique.
[1] Candomblé : culte afro-brésilien qui regroupe les nations et rituels soudanais, bantous et d’influence indigène. A noter que les rituels yorubas (nagô) ont eu tendance à prédominer. Par extension, le mot s’applique à tout culte d’influence africaine