Le tourbillon de la vie
Le 27 octobre 2004
Dans un décor de salle des pas perdus, Jean-Marie Laclavetine raconte un peu de la vie qui coule à flots.


- Auteur : Jean-Marie Laclavetine
- Editeur : Gallimard
- Genre : Roman & fiction, Littérature blanche
Un hall de gare, une journée de mai. Chacun vaque à ses occupations ordinaires tandis que la mort se profile pourtant au détour d’un quai.
Il est 6 heures 30 et déjà la gare bruisse de pas. Les uns courent et sautent dans un train, les yeux encore embrumés de sommeil ; les autres ouvrent les boutiques, passent un coup de serpillière dans le café et disposent en devanture les journaux du jour. Cette matinée de mai est on ne peut plus banale et chacun vaque machinalement à ses occupations. Mais ces hommes et ces femmes, habitués ou nouveaux venus, traversent la salle des pas perdus avec leur malle pleine à ras bord de souvenirs, de douleurs, de préoccupations et d’amours.
Jean-Marie Laclavetine a imaginé les pas et les pensées qui pouvaient parcourir cette foule dans son dernier roman Matins bleus. Mais quelques figures prennent le pas sur les autres et imposent leur histoire. Il y a Anita, la belle kiosquière mal-aimée qui attire le regard des hommes, son fils Léo, ado désemparé séduit par Zitta, la punkette fugueuse tandis que son père court en mal d’argent, poursuivi par deux brutes en charge du recouvrement. Et puis, surtout, il y a Ange, le peintre bègue qui observe du haut de sa nacelle ce va-et-vient, aussi attentif aux errances et aux courses de la foule que cette mouette qui vole au dessus de ces têtes tout au long de cette journée en apparence ordinaire dans une gare. Mais l’horloge tourne en attendant la mort la plus idiote, celle du hasard.
Jean-Marie Laclavetine témoigne de l’amour pour les visages qui peuplent son roman, qu’ils soient gentils ou méchants, héros ou simples figurants. Chacun a en effet droit à un portrait plus ou moins concis qui fait mouche, l’écrivain ayant mis bien des jolis mots à leur service. On regrettera toutefois les incursions maladroites du héros narrateur qui freinent la vie qui coule à flots.
Jean-Marie Laclavetine, Matins bleus, Gallimard, 2004, 242 pages, 16,50 €
flam 12 janvier 2006
Matins bleus - Jean-Marie Laclavetine - La critique du livre
Jean-Marie Laclavetine est un grand écrivain, un vrai pro. D’abord ce roman est écrit au présent, et là je dis chapeau ! Ensuite, ses phrases sont belles, gourmandes... à tel point qu’on voudrait les lire à haute voix, s’entendre les lire et puis les partager !
Par contre... si le style est magnifique, l’histoire n’est hélas pas du tout à la hauteur. On s’ennuie du début à la fin, on baille. Mais le style, ah le style !
Voir en ligne : Le placard aux mille et une peaux