Le 16 octobre 2020
Malgré un propos noble et une alternance narrative pas inintéressante, ce roman se perd dans quelques longueurs et invraisemblances...


- Auteur : Peter Carey
- Collection : Lettres des Antipodes
- Editeur : Actes Sud
- Nationalité : Australienne
- Traducteur : France Camus-Pichon
- Titre original : A Long Way From Home
- Date de sortie : 7 octobre 2020
- Plus d'informations : Le site de l’éditeur

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Résumé : Sud-Est australien, 1953. Irene et Titch viennent enfin d’emménager loin du père de ce dernier et ambitionnent d’ouvrir une concession automobile rien qu’à eux. Pour leur obtenir des retombées médiatiques et commerciales qui leur donneraient un coup de pouce évident, Titch décide de participer au Redex Trial, célèbre rallye automobile de 15 000 kilomètres. Avec sa femme et leur voisin, Willie, il s’engage donc dans ce circuit éprouvant qui les mènera au plus sombre de l’Histoire australienne...
Critique : Peter Carey, auteur australien lauréat de plusieurs prestigieux prix littéraires, rend hommage à son pays tout en pointant du doigt (pour la première fois) les dérives du passé, l’épuration ethnique, les massacres, et les lents progrès de la condition féminine.
Pour ce faire, il alterne les voix narratives et entremêle deux timbres, celui d’une femme, Irene Bobs, et celui d’un homme, Willie Bachhuber. La première est un vrai garçon manqué, en avance sur son temps et mariée à un homme, Titch, qui semble, lui, laisser la place d’exister. Le second est solitaire, brillant mais incompris, presque misanthrope. Ce professeur mis à pied, nouveau voisin du couple qui ambitionne d’ouvrir une concession automobile, se retrouvera lié à jamais à eux grâce à un rallye. Titch pense en effet qu’obtenir une subvention pour ouvrir son garage sera facilité par une victoire automobile qui le lancerait dans la cour des grands. Il recrute ainsi sa femme et Willie, la première pour son intrépidité au volant, le second pour son habileté à dessiner et lire les cartes. Commence alors un circuit de plusieurs milliers de kilomètres qui mène nos héros sur les routes poussiéreuses et peu praticables de l’Australie des années 1950. Au fil des étapes, des péripéties, ils se découvrent mutuellement et se découvrent eux-mêmes. Loin de chez eux, ils prennent conscience de leur identité profonde, se révèlent – pour le meilleur et pour le pire.
Dans le dernier tiers du roman, la question aborigène a une place prégnante. Si le but était louable – évoquer le passé trouble de ce peuple, sa douleur et l’assimilation culturelle, les réserves ayant tout de prisons et le racisme ambiant –, le récit ne tarde pas à s’embrouiller, à s’embourber dans les chemins tortueux qu’il emprunte. Flirtant presque avec le conte, le roman n’en accuse pas moins certaines invraisemblances et longueurs qui, s’ajoutant aux répliques « moi aimer toi » des Aborigènes, alourdissent un propos noble.
Peter Carey - Loin de chez soi
Actes Sud
14.50 x 24.00 cm
352 pages
22.80€