Le 21 juillet 2019
Un casting de luxe, gâché par un réalisateur peu inspiré. N’est pas Tim Burton qui veut.


- Réalisateur : George Miller
- Acteurs : Susan Sarandon, Jack Nicholson, Michelle Pfeiffer, Cher, Richard Jenkins, Veronica Cartwright
- Genre : Fantastique, Comédie horrifique
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Warner Bros. France
- Durée : 1h58mn
- Date télé : 24 janvier 2022 20:55
- Chaîne : Arte
- Box-office : 1 158 563 entrées (France)
- Titre original : The Witches of Eastwick
- Date de sortie : 23 septembre 1987

L'a vu
Veut le voir
Résumé : Trois jeunes femmes espiègles et indépendantes se morfondent dans la très puritaine petite ville d’Eastwick ou jadis furent brûlées maintes sorcières accusées de commerce avec le Diable. Nos trois belles se réunissent tous les week-ends et babillent gaiement à bâtons rompus de tous et sur tout. Jusqu’au jour où un extravagant personnage, un certain Daryl van Horne, s’installe dans la demeure la plus somptueuse de la ville...
Critique : Le réalisateur de Mad Max s’offre un divertissement avec un casting féminin trois étoiles et Jack Nicholson, fidèle à lui-même, jusqu’à l’auto-parodie. Cette comédie fantastique so eighties essaie d’organiser une ambiance débridée, proche du délire, mais l’intention est pourtant diluée dans un scénario très mince et une réalisation trop accaparée par ses effets spéciaux. On imagine ce qu’un Tim Burton aurait pu faire d’un tel sujet, surtout avec un comédien comme Nicholson, qui a ici la mauvaise idée de recycler ses tics d’acteur, avec son sourire carnassier et ses sourcils en accents circonflexes. Qu’on lui ait confié le rôle d’un châtelain diabolique, pourquoi pas ? Mais qu’on en fasse, in fine, une bête fauve à la poursuite de ses proies dans une interminable demeure, c’est tout de même un peu gros et en tout cas, rien de mieux pour l’inciter à cabotiner. Même la satire du puritanisme américain tombe à plat, surtout lorsque l’histoire condamne une femme rigoriste à vomir comme l’adolescente de L’exorciste.
Autour du héros, gravitent trois drôles de dames, qui, évidemment, cherchent le grand amour et le trouvent dans une figure séduisante, au sens étymologique du terme. Tout cela est gentiment anecdotique, parsemé d’effets spéciaux datés. Pourtant, ils ont l’air de plaire au réalisateur, au point qu’il assujettit certaines scènes à ce qu’elles promettent visuellement. On pense en particulier à la partie de tennis, qui se veut allumée, mais paraît interminable. En fait, il manque à ce film un travail sur la complexité des personnages et l’ambiguïté des situations. Et c’est d’autant plus dommage que le trio d’actrices - Cher, Sarandon et Pfeiffer - fonctionne à travers certaines scènes complices. Mais trop souvent, il est condamné à jouer les utilités au service de la véritable vedette de cette production bien légère.