Cent ans de Goncourt
Le 5 octobre 2003
Le premier "rebelle" à avoir refusé le Goncourt s’appelle Julien Gracq...

- Auteur : Julien Gracq
- Editeur : José Corti
- Genre : Roman & fiction
- Prix : GONCOURT

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Goncourt 1951
On connaît l’adage sur la Légion d’honneur - ne se demande, ni se refuse - mais qu’en est-il du Goncourt ? S’il n’est pas censé se demander (si, diront les mauvaises langues, invoquant des tractations Galligrasseuil), se refuse-t-il ? Eh bien, pas souvent. Seuls deux auteurs n’ont pas "daigné" recevoir LE prix. Tout le monde a encore en tête le refus de Gary/Ajar (prix Goncourt 1975), suite à l’une des plus belles mystifications de l’histoire littéraire française. On se souvient moins bien que le premier "rebelle" s’appelait Julien Gracq.
En 1951, donc, ce "petit professeur" d’histoire au lycée Claude-Bernard dit "non", à cause de son mépris de l’intelligentsia critique parisienne, qu’il a d’ailleurs étrillée dans son fameux pamphlet, La littérature à l’estomac (1949). Mais son troisième roman, Le rivage des Syrtes, se passera aisément de récompense et deviendra un des classiques les plus analysés. Le thème ? Un somptueux mélange entre Le guépard (Lampedusa) et Le désert des Tartares (Buzatti) : la fin d’un monde ancien, hypercivilisé mais fossile et l’avènement d’une nouvelle ère, sans doute pleine de dangers mais nécessaire à la continuation de la vie. Le style ? Une écriture d’orfèvre, nourrie du surréalisme et du romantisme allemand. NB 1 : Erik Orsenna a choisi son nom de plume en hommage au Rivage des Syrtes.
NB 2 : Julien Gracq est toujours vivant.
Premières lignes |
Ed. José Corti, 18,50 €