L’amour sage
Le 7 octobre 2015
Un road-movie lumineux, où la douce affection que l’on appelle tendresse se livre dans chaque approche humaine.


- Réalisateur : Marion Hänsel
- Acteurs : Olivier Gourmet, Adrien Jolivet, Marilyne Canto
- Genre : Comédie dramatique
- Nationalité : Français, Belge
- Durée : 1h18mn
- Date de sortie : 2 octobre 2013

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Un road-movie lumineux, où la douce affection que l’on appelle tendresse se livre dans chaque approche humaine.
L’argument : Un couple séparé depuis quinze ans se retrouve le temps d’un voyage de deux jours pour aller chercher leur fils hospitalisé à l’étranger suite à un grave accident de ski. Que ressentent-ils encore l’un pour l’autre ; de l’indifférence, de la rancœur, de la jalousie ? Ou peut-être de la connivence, de l’amitié, qui sait de l’amour. Ce road-movie léger, qui nous emmène de Bruxelles au sommet des Alpes, nous fera découvrir Frans et Lisa deux êtres profondément sincères pour qui nous ne pourrons ressentir que de l’affection.
Notre avis : Cousine germaine de l’amour et parente éloignée du désir, la tendresse se lit dans les gestes du quotidien et transfigure des relations autrement insignifiantes. Elle y transparaît, spectrale, dénuée de tout élan passionnel. En ce doux attachement, certains voient la solidité des liens du sang, d’autres le mystère d’un amour passé ou la simple réponse à une vie solitaire. Sur la route de Bruxelles aux montagnes alpines, Marion Hänsel explore les multiples formes de cette affection sans épanchements.
La tendresse n’aveugle, ni ne trompe. En cela elle ne déçoit jamais. La cinéaste nous l’exprime ainsi de mille façons. Une remarque affectueuse, un regard empli de connivence, un souvenir impérissable... Les relations humaines s’harmonisent autour de cette affectivité bienveillante qui passe outre les défauts de chacun. Malgré l’agacement que lui procure le franc-parler de son père, le fils sait le laisser en faire état. Frans quant à lui s’amuse enfin des manies de son ex-femme qui autrefois le faisaient bondir. Lisa enfin, grâce à son inconsciente ingénuité, réconforte les coeurs étrangers.
Chaque plan du film est pensé pour en rehausser le sujet et en favoriser une approche sereine par le spectateur. La démarche filmique minimaliste, le montage alterné, la longueur même du long-métrage (cette comédie dramatique ne s’épanche pas plus d’une heure et quart. Un choix fort à propos à l’heure où des nuées de films à rallonge s’engluent sur les écrans de nos cinémas)...
Olivier Gourmet et Marilyne Canto forment à l’écran un vieux couple touchant. Néanmoins, on ne peut s’empêcher de noter l’embourgeoisement vulgaire dans lequel tous les protagonistes du film sont engoncés. La tendresse serait-t-elle l’apanage de ceux qui ont oublié d’aimer avec feu ? Quoi qu’il en soit, Marion Hänsel ajoute avec ce film un joli petit road-movie à son honorable filmographie. Malgré un sujet émoussé, un traitement visuel et scénaristique conventionnel, La Tendresse nous prend en stop le temps d’une aventure paisible que Marion Hänsel supervise avec bienveillance. Si l’on peut vivre sans amour, le peut-on sans tendresse ?