Le 30 juillet 2021
Un récit initiatique doux-amer sur l’adolescence. Ce téléfilm en forme de pléonasme ne cesse de bégayer à travers les clichés qu’il brasse.


- Réalisateur : Hélène Angel
- Acteurs : Bernard Le Coq, Christiane Millet, Talid Ariss
- Genre : Romance, Téléfilm
- Nationalité : Français
- Distributeur : Arte
- Durée : 1h36min
- Date télé : 30 juillet 2021 20:55
- Chaîne : Arte
- Date de sortie : 4 octobre 2019

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Résumé : Ali, 16 ans et son petit frère Selim passent leurs vacances d’été en Dordogne chez leurs grands-parents. L’occasion pour Ali de quitter enfin le monde de l’enfance : il l’a décidé, il est prêt pour l’amour, prêt pour sa première fois, le temps d’un été à jamais inoubliable. En écho de ses découvertes, celle plus douloureuse de ses grands-parents aux prises avec la maladie qui s’installe.
Critique : Un larcin commis dans un magasin par une bande de potes adolescents, l’apparition au ralenti d’une jeune fille que le héros rencontrera à nouveau, on n’en doute pas, constituent les premières séquences de ce téléfilm nimbé d’une douce lumière estivale. Quelques réactions épidermiques vis-à-vis du monde adulte et des conflits entre frères profilent des scènes d’abord convenues, dans le territoire balisé du récit initiatique. L’écart entre la génération Z et celle du baby-boom suscite des bisbilles sans conséquences au cours d’un pique-nique très agreste. Bientôt, l’histoire se resserre sur la vie d’une bande de jeunes où se nouent des alliances, s’expriment des rivalités, s’exalte le goût du défi pour impressionner les copains/copines (sauter d’un pont, par exemple), fleurissent les confidences au coin du feu, s’improvisent des imitations autour de bières rapidement éclusées, s’esquissent des danses joyeuses entre ombres et lumières.
Autour des grands, vibrionne le petit Sélim, comme la mouche du coche. "C’est qu’il est bavard", résume son grand-père, avec une bonhommie jamais démentie, sauf quand, contrarié par son épouse qui balance, dans un mouvement d’humeur, les merguez et la marinade, le protagoniste mouline des bras devant ses petits-enfants. Les réactions intempestives de celle-ci ont une origine médicale facilement devinable. En vérité, le scénario capitalise sur l’alliance de la douceur et de l’amertume, qui ne s’agrègent pas forcément dans les meilleurs sirops, d’autant que la mise en scène n’arrange rien à l’affaire.
Des moments de caméra subjective en forme d’effets de réel miment aussi le point de vue d’un regard médiatisé par la technologie. Tout ce beau monde s’esbaudit dans un cadre diurne, tandis que les grillons stridulent. Les atmosphères nocturnes sont plus propices aux épanchements à voix basse ou aux crises personnelles. Bref, La Fin de l’été coche toutes les cases du téléfilm gentillet qui n’a pas grand-chose à dire de son sujet et ne trouve jamais une forme originale pour se rendre attrayant.