Le 25 janvier 2022
Deux amis décident par défi de tuer gratuitement l’un de leurs camarades. Alfred Hitchcock, pour son premier film en couleur, conjugait suspense et prouesse technique. C’est aussi le premier des quatre longs métrages qu’il tournera avec James Stewart.


- Réalisateur : Alfred Hitchcock
- Acteurs : James Stewart, Farley Granger, Cedric Hardwicke, John Dall, Douglas Dick, Constance Collier
- Genre : Thriller, LGBTQIA+
- Nationalité : Américain
- Durée : 1h20mn
- Reprise: 3 septembre 2008
- Titre original : Rope
- Date de sortie : 22 février 1950
- Plus d'informations : Les 25 polars cultes d’Hitchcock
Résumé : New York : Dans l’appartement qu’ils partagent, deux étudiants, Brandon (John Dall) et Philip (Farley Granger), dans le but soit-disant de mettre en pratique le crime parfait, assassinent leur camarade David en l’étranglant avec une corde.
Critique : Les deux assassins, au-delà de leur acte impardonnable, ont poussé le raffinement jusqu’à inviter plusieurs personnes à dîner dans l’appartement dans lequel ils ont conservé le cadavre. Ils pensent attendre le lendemain pour s’en débarrasser, tout ça pour donner du piquant à leur acte. Et, comble de ce raffinement, ayant prétendument invité David leur victime, ils attendent aussi ses parents et sa fiancée. Ils ont complété la liste de leurs hôtes avec leur ancien professeur Rupert Cadell (James Stewart), avec lequel ils discutaient de la théorie de la supériorité intellectuelle.
Outre l’intérêt de ce suspense, Alfred Hitchcock a choisi, pour sa première œuvre en couleur, un procédé inédit qui relève de la prouesse technique et en renforce le caractère théâtral. Le principe était de faire penser que le film ne comportait qu’un seul et même plan. Mais la longueur des pellicules de l’époque n’excédant pas dix minutes, il en fallut huit pour couvrir l’ensemble. Les raccords discrets se font par des fondus enchaînés dans le dos des protagonistes.
Tel quel, cela n’en reste pas moins un tour de force : il fallut tout de même tourner des séquences de dix minutes en une seule et même prise, du jamais vu à l’époque. Alfred Hitchcock dira pourtant malicieusement qu’il ne comprenait pas pourquoi il s’était laissé entraîner dans ce truc !
Au-delà de l’aspect technique du long métrage, le film reste un suspense passionnant de bout en bout. La question n’est pas de savoir qui a tué (on le sait dès le début) mais de savoir si un invité va découvrir le corps caché dans un coffre à la vue de tous.
De plus, le récit se permet d’évoquer, sans toutefois en parler frontalement, censure oblige, le thème de l’homosexualité.
La corde est le premier des quatre films inoubliables que le maître du suspense tournera avec James Stewart. Il y aura ensuite Fenêtre sur cour (Rear Window 1954), puis L’homme qui en savait trop (The Man Who Knew Too Much 1956) et pour finir le sublime Sueurs froides (Vertigo 1958).
criss 23 septembre 2022
La corde - Alfred Hitchcock - critique
Film angoissant que je revois souvent.