Une fiction tirée du scandale de l’affaire Ben Barka
Le 27 janvier 2020
À Paris, un ancien barbouze est contacté par les services secrets en raison de ses amitiés avec l’opposant politique d’un pays d’Afrique du Nord en exil en Suisse. Une fiction coup de poing, tirée du scandale de l’affaire Ben Barka.


- Réalisateur : Yves Boisset
- Acteurs : Michel Bouquet, Michel Piccoli, Philippe Noiret, Jean-Louis Trintignant, Gian Maria Volonté, Roy Scheider, Bruno Cremer, François Périer, Nigel Davenport, Karin Schubert, Jean Bouise, Daniel Ivernel, Jacques Richard, Jacques François, Jean Seberg, Georges Staquet, Denis Manuel
- Genre : Drame, Thriller, Politique
- Nationalité : Français
- Distributeur : CIC Distribution
- Durée : 1h58mn
- Date de sortie : 11 octobre 1972

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Résumé : Paris début des années 70 : François Darien (Jean-Louis Trintignant) participe avec son amie Édith (Jean Seberg) à une manifestation organisée par la gauche. Édith préfère quitter la manifestation avant l’affrontement qui semble imminent avec les forces de police. Dès les premières confrontations, Darien est exfiltré par des policiers en civil. Il a jadis travaillé avec Sadiel (Gian Maria Volonté), opposant politique d’un pays d’Afrique du Nord, mais végète aujourd’hui, vivant aux crochets d’Édith, médecin qui travaille dans un dispensaire. Le chef des renseignements (Jean Bouise) lui propose alors de collaborer pour faire sortir Sadiel de son exil politique en Suisse, envisageant un retour dans son pays, pour qu’il vienne en France participer à une émission de télévision qui lui serait consacrée
Critique : À travers l’histoire inventée d’un ancien barbouze qui se croit malin, Yves Boisset dénonce le scandale de l’affaire Ben Barka, bien réelle, elle. Cet opposant politique au régime marocain a été enlevé à Paris en 1965, et n’a jamais été retrouvé.
Boisset fut un spécialiste des films coup de poing qui dénoncent des scandales politiques, tout en les mettant en scène dans des fictions. Les informations émanant de l’époque du tournage laissent entendre que le cinéaste subit de nombreux déboires pour mener à bien son projet. Pour ce film qui se suit comme un polar, il a su s’entourer de talentueux collaborateurs : Jorge Semprun aux dialogues et Ennio Morricone pour la musique, notamment.
Le discours tenu par L’attentat n’est guère optimiste. Le protagoniste est un opportuniste peu sympathique qui a raté sa vie et se prête assez facilement à ce coup monté, même s’il n’en connaît pas les réelles finalités. Les politiques, les policiers ou les renseignements généraux ne sortent pas grandis d’un enlèvement non justifié qui tourne mal : les motifs sont douteux, les moyens excessifs et mal coordonnés.
Même si l’on peut reprocher à Yves Boisset un certain manichéisme et quelques facilités sur l’image qu’il donne des institutions, on ne peut pas lui enlever le courage de faire des films qui dénonçaient les travers de notre société, en leur donnant la forme de divertissements. Si tous ses longs métrages ne sont pas des réussites d’un point de vue purement cinématographique, celui-ci fait partie des bons crus et nous permet de revoir une impressionnante galerie d’acteurs de l’époque, parmi lesquels François Périer, Bruno Cremer, Roland Blanche, Jacques François ou Pierre Santini.