La merveille de l’Ouest
Le 19 juillet 2018
Remarqué avec Chopper, portrait d’un tueur en série transcendé par la performance d’Eric Bana, l’Australien Andrew Dominik a réalisé avec L’assassinat de Jesse James, une sorte de chef-d’oeuvre.


- Réalisateur : Andrew Dominik
- Acteurs : Brad Pitt, Sam Rockwell, Casey Affleck, Sam Shepard, Zooey Deschanel, Jeremy Renner, Mary-Louise Parker, Paul Schneider , Michael Parks
- Genre : Drame, Biopic, Western
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Warner Bros. France
- Editeur vidéo : Warner Home Video
- Durée : 2h40mn
- Date télé : 9 mars 2024 22:58
- Chaîne : Ciné+ Premier
- Box-office : 299 646 entrées France / 133 544 entrées P.P.
- Titre original : The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford
- Date de sortie : 10 octobre 2007
- Festival : Festival de Venise 2007
Résumé : Tout en préparant son prochain hold-up, le charismatique et imprévisible desperado Jesse James se lance dans une guerre sans merci contre ceux qui se sont mis en tête de se couvrir d’argent - et de gloire - en lui trouant la peau. Mais la vraie menace pourrait bien venir de ses propres rangs, plus précisément de ce jeune flingueur qui vient de rejoindre son gang et dont l’admiration se teinte de jalousie...
Critique : Il suffit de voir la présentation de Jesse James-Brad Pitt, gaillard viril qui sort de l’obscurité pour arrêter un train en contrechamp. De le voir là, transcendé par la lumière, la musique, pour comprendre la tenue de cette œuvre magnifique qui revisite l’un des mythes fondateurs de l’Amérique. Loin de céder aux clichés lénifiants du genre, L’assassinat de Jesse James se présente comme une dérive romantique qui détaille la relation ambiguë entre Jesse James (Brad Pitt) et Robert Ford (Casey Affleck), prédateur et proie, démon et ange. Ou peut-être l’inverse. D’un bout à l’autre, le premier reste un maître fantasmé pour le second tant il l’inspire dans sa manière de parler, se mouvoir et rire. La construction narrative du scénario est si complexe que pendant une première heure, Andrew Dominik s’intéresse à des personnages qui disparaissent en cours de route pour mieux réapparaître. Il a cherché par tous les moyens à ce que les comédiens habitent mentalement l’histoire et l’espace du film. À la manière de Brad Pitt capable d’être un arrogant infaillible, un fantôme irréel et un cowboy sensible dans une même scène. Sa présence finit par hanter tous les plans. Dominik l’a filmé comme un diable qui aspire les âmes. La révélation est Casey Affleck dans le rôle du disciple, adolescent pusillanime pactisant par sa fascination trouble avec le malin, qui montre - enfin - toute l’étendue d’une palette émotionnelle insoupçonnée.
Sur plus de deux heures trente, L’assassinat de Jesse James... raconte une histoire d’amour romantique où tout se lit entre les lignes et au-delà des mots. Par la grâce d’une maîtrise formelle impeccable (sens du cadre et de l’écoulement du temps à l’intérieur du plan, jeu sur les focales, images fixes distendues par de légers travellings dans le bruissement d’un monde ancien) et d’une intelligence dans le récit (attention extrême pour les errances mentales et les dérèglements du corps des personnages, progression dramatique par accumulation de blocs d’affects, importance des regards troublés et des corps éprouvés), Andrew Dominik signe un grand film sur le manque (l’un n’est plus rien sans le regard de l’autre), où l’éblouissement et la mélancolie constituent une seule et même nature.
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Norman06 27 avril 2009
L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford - Andrew Dominik - critique
Superbement photographié et cadré, et bénéficiant d’une interprétation étonnante de Brad Pitt et Casey Affleck, ce western contemplatif pourra lasser par sa lenteur et son ton distancié. Cela reste une œuvre estimable.