Le 3 juillet 2012

La deuxième journée de l’Université d’été de la BD s’est terminé dans un grand sourire. Celui des participants devant les dessins de Frédéric Bézian racontant les échanges et les débats très stimulants de la journée.
Nous retiendrons que le rôle de l’auteur de manga joue vraiment un rôle à part au Japon. Plus de 200 mangas existent ayant pour héros des auteurs. Les japonais raffolent des coulisses, d’en savoir plus sur l’envers du décor, d’être toujours plus proche de ces héraults d’une génération. Nobuhiko Saito le directeur de la Yonezawa Memorial Library of Manga nous a notamment parlé du phénomène Bukoman, un manga très connu là bas pour son regard sec et juste sur la condition de mangaka.
Toutes les 2h environ les bords de la Charente voient se regrouper le club des traditionnels fumeurs. Oui toutes les 2h environ, c’est l’heure de la pause. De la pause et de l’échange. Les participants se sentent comme chez eux, partagent leurs avis et sensations, discutent avec les intervenants dans une franche camaraderie. On sent ici à Angoulême que l’esprit de la Bande Dessinée est particulièrement inspirant….
L’après-midi a elle été consacrée au lecteur de manga. Quel est son profil ? Que lit-il ? Pourquoi ? Comment ? Où ? Avec qui ? Avec quoi ? Sur quel support ? Quels mangas ? L’intervenant de la BPI s’il nous a lancé au visage une série de statistiques très fines et de chiffres très fins, nous a accrochés en brossant le portrait robot du lecteur manga. Les résultats de cette vaste étude mené sur plus de 4500 lecteurs de BD en France vont continuer de nous intéresser et d’orienter certains choix de la part d’éditeurs, soyons-en sûrs.
Notre rédac’ chef Merton était particulièrement heureux aujourd’hui… On a entendu parler de cosplay, de Japan Expo, d’ados fous, d’Otaku, de numérique… Certes hier il était question de l’impact fondamental de la génération Dorothée. Mais aujourd’hui, c’est la culture manga qui fut au centre des débats. Car le manga, au-delà du livre objet, c’est une lame de fond qui emporte les générations dans des vagues identificatoires régulières. Cette culture jeune n’est plus qu’une simple mode ; c’est une expérience partagée à travers le monde, un sentiment commun, une construction d’une génération…
Demain, notre rédac’ chef sera très heureux à nouveau… Nous parlerons de l’offre de manga numérique en France, des différences de conception du manga papier d’un pays à l’autre et bien évidemment de scantrad… Le temps passe très vite, trop vite ici sur les berges de la Charente qui paradoxalement continue de couler tranquillement dans son lit sans imaginer un seul instant la richesse des débats dans cette Cité ensoleillée !