Le 22 septembre 2020
Sénèque a vécu de -4 avant JC jusqu’à 65 après JC. Il a connu l’empereur Néron, tristement célèbre pour avoir mis le feu à Rome. Malgré son implication en politique, l’auteur a tenté de vivre sa vie selon les préceptes de grands philosophes qui l’ont précédé. Y est-il arrivé ? Lui seul le sait. Il nous reste ses textes, dont ces deux traités. Ils nous expliquent ce qu’il faut faire de sa vie pour qu’elle soit bien remplie.



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Résumé : {De la vie heureuse}, précédé du texte {De la brièveté de la vie} nous présente deux courtes réflexions stoïque, nous rappelant combien la vie est fugace et combien il est important de bien l’employer. Mais comment emploie-t-on bien sa vie ?
Critique : Ce sont deux textes complémentaires, qui se lisent facilement. Dans notre société de consommation traversée par les épidémies, où personne n’est content de rien, ces écrits de Sénèque résonnent d’une manière particulière.
Le premier, De la brièveté de la vie, nous rappelle que l’existence est courte, mais que, si elle est bien employée, elle est amplement suffisante pour vivre heureux et faire progresser son âme vers la vertu. Notons que dans son raisonnement, Sénèque passe beaucoup de temps à dire ce qu’il faut éviter, à dénoncer tous ceux qui se perdent dans la recherche vaine des jouissances, si bien que, lorsqu’on arrive à la fin, on se demande un peu comment agir pour trouver cette fameuse vertu. On a saisi qu’il ne faut pas se perdre dans la fange des plaisirs inutiles, mais on n’est guère plus avancé.
Paradoxalement, on pourrait se dire que si la vie est courte et qu’il faut bien employer cette durée qui nous est accordée, il aurait été plus judicieux de s’interroger sur les moyens d’approcher la vertu, plutôt que de lister et de dénoncer, sur plus de la moitié du texte, tout ce et tous ceux qui s’en éloignent et nous en éloignent.
Heureusement, le deuxième traité, De la vie Heureuse, nous éclaire un peu plus. Sénèque passe du temps à répondre aux reproches qui lui sont faits, comme "Tu prône une vie simple, proche de la nature, mais tu as une maison et des esclaves, tu n’as pas honte ?", avant de nous montrer la voie, par la lecture des traités des philosophes anciens.
Ce court recueil est vraiment très intéressant. S’éloigner des richesses, des plaisirs futiles, de la corruption politique, des triomphes militaires, autant d’idées qui résonnent à nos oreilles postmodernes : avoir des biens sans dépendre d’eux, vivre confortablement, mais accepter que la roue tourne et que demain, peut-être, on finira sous un pont, tout cela suscite assurément la réflexion. Mais qu’importe l’endroit où l’on vit, si l’on essaie de suivre un chemin vertueux.
Toutefois, à la fin de ces deux livres, il est un peu flou, ce chemin. On peut en trouver la trace dans ce que Sénèque dénonce à travers le premier texte. Et le deuxième traité, après réflexion, apporte plusieurs pistes de réponse.
De la vie heureuse précédé de De la brièveté de la vie est un petit ouvrage qu’on peut lire avec notre point de vue moderne. Ces deux traités peuvent nous rendre l’existence moins compliquée, plus légère, si l’on sait en découvrir la substantifique moelle. On peut alors emprunter le chemin vers la vertu, délivré de toute possession et de tout plaisir.
112 pages- 3,50€