L’eau et le feu
Le 23 janvier 2006
Mano nous embarque dans un conte moderne, celui de la beurette et du facho. Une courte histoire d’amour empoisonné.


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Voilà le récit d’une rencontre improbable entre deux paumés de ce siècle. Lui, c’est Paul, un type légèrement siphonné, petit cadre inconsolable depuis la mort de sa femme. Il est aigri, raciste, vit seul, fréquente des putes avec lesquelles il peut laisser libre cours à ses fantasmes et à sa violence. Elle, c’est France, jeune fille d’origine algérienne qui fait de la prospection par téléphone le jour et tapine la nuit, entre bars et peep-shows. Coincée entre deux cultures, victime de discrimination silencieuse et du racisme ordinaire, France tente de joindre les deux bouts.
Bien sûr, ces deux-là étaient faits pour se rencontrer. Leur relation sera tendue et passionnée, basée sur des rapports de force permanents. Les mots de Mano sont crus, durs, extrêmement violents. Sa langue est celle de la haine et de la colère. Il fallait bien ça pour raconter le déclin de ce couple très contemporain, guidé par la soif de vengeance et le désir de domination. Un jeu permanent du chat et de la souris dans lequel tous les coups sont permis. Le plus grand paradoxe reste que ce rapport violent et malsain s’apparente bel et bien à l’amour.
Mano, Brune, Fayard, 2006, 196 pages, 15 €