Le 19 août 2020
Prosaïque mais joliment décalé, ce roman a la maladresse et la tendre émotion des premières fois (même si ce n’en est pas une).


- Auteur : Victor Pouchet
- Editeur : Finitude
- Genre : Roman & fiction, Roman
- Nationalité : Française
- Date de sortie : 20 août 2020
- Plus d'informations : Le site de l’éditeur

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Résumé : Il y a Elias et son père, magnétiseur. Il y a le petit-frère "montagne" et la belle-mère fragile. Et il y a Avril, qui vient guérir les blessures d’un homme qui a poussé de travers, privé de mère et de la stable normalité normalement offerte par la figure paternelle. Les discours inquiétants du médium avec qui il a grandi l’ont rendu bancal, inadapté.
Critique : En 2017, au cours d’une flânerie dans une forêt bretonne, Victor Pouchet fait la rencontre d’un homme étrange, dans l’ombre des dolmens et des menhirs. Celui qui se présente comme magnétiseur marque durablement l’esprit de l’auteur et le fait s’interroger : à quoi ressemblerait la vie du fils d’un tel spécimen ? C’est ainsi que naît dans son esprit l’histoire d’Elias, cet enfant taciturne et silencieux, parcouru d’ondes négatives selon son père, qui tente de l’en purger grâce à des exercices traumatisants et lassants. Victor Pouchet adopte sa voix, le fait se rappeler ces après-midis passés dans la cave à se vider l’esprit, ces repas rythmés par les discours incompréhensibles de son père, mêlant ondes scalaires et champ de torsions. Il intercale au récit de ces souvenirs quelques phrases sur son quotidien qui se tisse peu à peu auprès d’Avril, présence lumineuse éclairant son négativisme et ses pensées sombres, adoucissant ses remords et endormant ses démons. Puis, l’auteur imagine plusieurs entrées du journal intime de la jeune femme, raconte la rencontre d’un autre point de vue, pose un regard nouveau sur ce fils « bancal », comme mal ajusté au monde qui l’entoure, à l’image d’un chevreuil (son animal totem) qui se serait retrouvé au milieu d’une piscine municipale. Enfin, ce sera la voix du père qui résonnera aux oreilles du lecteur, dans un long monologue d’une dizaine de pages, comme justifiant ses actes, clamant son amour pour sa famille, pour Elias et sa belle-mère, pour le petit frère montagne et la vie.
Les mots sont simples, les répétitions deviennent un outil linguistique au service d’un prosaïsme décrivant, avec une tendre justesse un caractère et une histoire qui dépareillent, qui détonnent, une enfance différente et une vie cabossée. L’action n’existe pas vraiment, il s’agit davantage des liens humains, d’un homme qui pousse de travers, qui se construit comme il peut sur une terre trop calcaire.
Victor Pouchet - Autoportrait en chevreuil
Editions Finitude
13,5 x 20 cm
176 pages - 16,50 €