Le 17 septembre 2020
Ce disaster movie, bête comme ses pieds, essaie de donner une consistance symbolique au mot « faille ». Peine perdue.


- Réalisateur : Brad Peyton
- Acteurs : Paul Giamatti, Archie Panjabi, Ioan Gruffudd, Dwayne Johnson, Carla Gugino, Alexandra Daddario, Art Parkinson
- Genre : Action, Thriller, Film catastrophe, Nanar
- Distributeur : Warner Bros. France
- Durée : 1h54mn
- Date télé : 15 décembre 2024 23:30
- Chaîne : TF1
- Titre original : San Andreas
- Date de sortie : 27 mai 2015

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Critique : La faille de San Andreas est avant tout une faille familiale. Et ce nouvel avatar du film catastrophe, pas moins stupide que les productions de Roland Emmerich, s’attache à refermer le traumatisme qui fracture symboliquement la Terre, comme un gros bras du film d’action se ressaisirait en remontant le zip d’un blouson de pilote, fièrement arboré. En l’occurrence, le héros, ce serait Dwayne Johnson, un habitué des blockbusters indigents, dont le personnage monolithique et musculeux, sauve sa bimbo de fille des griffes d’un potentiel beau-père tycoon, qui n’a aucune légitimité, à proportion d’un double manquement : il n’a pas voulu procréer (injure au familialisme), il considère son building d’affaires comme son enfant.
D’une rare bêtise, ce disaster movie donne le ton dès la première scène où des caricatures de héros à la mâchoire carrée portent secours à une jeune fille qui est tombée, et sa voiture avec, dans un gouffre pierreux. Ne lésinant devant aucun ralenti et aucun tremblement, la caméra est à elle-même son propre ennemi, et cette ouverture in médias res ne déparerait aucune parodie qui se gausserait des nanars du film catastrophe, produits au kilomètre par le cinéma américain dans les années 90, d’Independence Day à Armageddon.
De quoi San Andreas est-il le nom ? D’une quête familiale, au-delà des morts qu’engendrent de spectaculaires destructions, elles-mêmes anéanties par les effets pathétiques, la nullité des dialogues, l’inexistante épaisseur psychologique des protagonistes. A la fin, sur les ruines d’un monde dont elle se fout éperdument, la famille se reconstituera. Par-delà le traumatisme, sur les cimes de la résilience, le regard braqué vers un horizon de feu.