Le 27 juin 2022


Une quête sans parole mais avec un rôle étincelant !
Résumé : Au sommet d’une montagne, une petite fille est prise en charge par un protecteur en armure immense, prêt à braver tous les dangers, tous les éléments, pour l’emmener ailleurs, loin, à travers les saisons et des contrées fantastiques...
Lorsque The Artist était sorti, anticiper le succès d’un film muet était fort. Alors certes, avoir une BD sans parole ne paraît pas être un pari aussi fou, certains genres humoristiques y arrivant très bien, mais le placer dans un monde inconnu de fantasy est plus osé qu’il n’y parait. Dans une ambiance qui semble être tout d’abord un bel hommage aux mondes et univers anciens, tels Arzac ou Alef Thau, qui mêlent des races anciennes, entre orques et sylvides, à des humains maîtres de la technologie. Toutefois, cette opposition n’apparaît que dans la seconde partie, car la première est consacrée à la faune et la flore, plutôt hostiles, et il faut un mecha façon Full Metal Alchemist pour assurer la survie d’un duo qui semble vouée à tout sauf au repos, ce que l’idée de cycle, que les pages en forme de poèmes sur les saisons, renforce, faisant alors penser à un roman de Damasio.
© Dupuis / Spurrier
Côté dessin, on retrouve ce soupçon nostalgique des grands dessinateurs dans cette atmosphère de crépuscule d’un continent, mais le trait est clairement contemporain, vif et renouvelé. Dans cette fresque sans un son, chaque trait est important : alors les regards sont tout d’abord les plus grands facteurs d’émotions, et l’on ne peut qu’apprécier le moment où l’armure est enfin fendue, pour voir apparaître une jeune femme en forme de nymphe. Puis, il faut accorder toute son attention à des petits détails, un canon étrange, une scène de danse éthérée ou un enfant abandonné. Enfin, les paysages et grands espaces qui forment les décors permettent de s’extasier, mettant en valeur des contrées inédites que l’on adore découvrir.
© Dupuis / Spurrier
Histoire muette mais voyage sensationnel, Saison de Sang est à même de séduire les nostalgiques de Métal Hurlant ou les nouveaux amoureux de roman graphique originaux.
192 pages – 19,95 €