Le 31 octobre 2017


- Scénariste : Mario Tamura>
- Dessinateur : Mario Tamura
- Collection : SAKKA
- Genre : Seinen
- Editeur : Casterman
- Famille : Manga
- Date de sortie : 18 octobre 2017
Un thriller tragique et post-apocalyptique.
Le futur n’est pas très encourageant. Les villes sont aseptisées ou en ruines, les jeunes livrés à eux-mêmes ou en centres de détention, des rebelles déjantés et des fascistes torturés, tout y est en opposition. Au milieu, plusieurs adolescents tentent de survivre : ce sont les enfants de l’araignée, qui tisse une toile macabre tout autour d’eux, en quête de vie et de vérité. Entre complot gouvernemental et bande de jeunes violents et pommés, forcément la comparaison avec le monument Akira ne tarde pas à s’immiscer chez le lecteur. Sans avoir la puissance, liée à l’absence de motos notamment, de son prédécesseur, l’œuvre de Mario Tamura a cependant d’autres atouts. Le premier, c’est le malaise qu’il provoque, car son caractère malsain latent est impressionnant. Les jeunes filles sont par exemple quelques fois dénudées, mais toujours dans une position de faiblesse, de fragilité, même si les personnages féminins ont un caractère fort. Elles éclipsent d’ailleurs le duo de héros qui débute l’histoire, râleurs invétérés, courageux devant les pistolets et timides devant les décolletés. Le second, c’est que petit à petit, des ramifications s’installent, avec des personnages fugaces qui débarquent, souvent venant du mauvais côté, qui contribuent à instaurer un climat d’angoisse. La fin est en cela surprenante, arrivée trop vite, sans prévenir et sans indice. Elle met à mal l’ensemble, qui s’était construit patiemment. Fait rare pour un manga, il aurait mérité d’être plus long.
© Casterman
Pour ce qui est du dessin, Mario Tamura s’occupe de tout, et le rendu graphique est ainsi largement lié à l’atmosphère et l’histoire. Certaines pages sont des prétextes pour rendre compte d’une envie de l’auteur, sur un lieu, un personnage, un souvenir, une scène. Les dialogues sont ainsi parfois un peu déroutants, mais les personnages scrupuleusement dessinés, toujours avec cette obsession du léger malaise, pour éviter de se faire une idée précise d’un tel ou d’un autre. Si les apparences sont trompeuses, le manga dans son intégralité ne trompe pas son lecteur : le trait est sérieux, pour donner ce ton froid et pénétrant, insidieux comme un venin reptilien.
© Casterman
Manga fort et corsé, il demeure inégal par son final plutôt expéditif, et quelques éléments qui auraient mérité un développement plus poussé. Pour autant, les Enfants de l’araignée a réussi à créer un univers arachnéen, avec une toile qui prend au piège et des personnages inquiétants, et ce du début à la fin.
410 pages - 27€