Larmes de fond
Le 11 février 2003
Trois âmes perdues au coeur de l’océan. Version danoise d’un sujet éternel, discrètement décevante.

- Auteur : Vagn Predbjørn Jensen
- Editeur : Métailié
- Genre : Roman & fiction
- Nationalité : Danoise

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Eilean Mor. Le phare se dresse au milieu de l’océan comme un défi. Trois hommes y ont vécu au milieu des tourmentes, puis ont disparu, sans laisser de traces. Le récit va parcourir pas à pas le chemin qui les a menés inexorablement à cette disparition.
Trois hommes perdus, revenus de tout, fuyant une famille, un amour, un souvenir, ou la corde. Trois hommes en rupture vont tenter d’échapper à eux-mêmes en se retirant du monde, en choisissant cet exil au milieu de la fureur de l’océan. Une seconde chance... L’oubli... On ne se parle guère et chacun respecte l’histoire de l’autre, qu’il devine, comme la sienne, douloureuse et enfouie. Les émotions se disent peu. La cohabitation est un autre défi. Récit d’un quotidien réduit à rien où les rancoeurs et les douleurs occupent tous les non-dits, Le phare de l’Atlantide explore une nouvelle fois cet exil du bout du monde, ce retrait à la vie qui fascine et obsède tant d’écrivains. On pense à Eric Faye (Je suis le gardien du phare) ou Vincent de Swarte (Pharricide) ou surtout à La tour d’amour de Rachilde, un des plus beaux phares de la littérature.
Celui de Vagn Predbjørn Jensen est une antichambre de l’enfer. L’écriture oscille entre fantastique et quotidien, y mêle des réminiscences de légendes oubliées, mais ce temps ralenti paralyse aussi le drame qui se joue et affaiblit un dénouement qu’on aurait aimé plus surnaturel.
Vagn Predbjørn Jensen, Le phare de l’Atlantide (Tårnet i Atlantis, traduit du danois par Bénédicte Bruun), Ed. Métailié, 2003, 150 pages, 15 €