Le 18 avril 2020


- Réalisateurs : Clyde Bruckman - Buster Keaton
- Acteurs : Buster Keaton, Marion Mack, Glen Cavender, Jim Farley, Frederick Vroom
- Titre original : The General
- Genre : Comédie, Film muet, Noir et blanc
- Nationalité : Américain
- Date de sortie : 24 février 1927
- Durée : 1h10mn
- Titre original : The General
Un conducteur de locomotive est entraîné malgré lui dans un événement de la guerre de Sécession. Buster Keaton porte l’art du burlesque à son sommet
Résumé : Johnnie Gray (Buster Keaton), conducteur d’un locomotive, "la générale", tout dévoué à son métier, est fiancé à Annabelle Lee (Marion Mack). C’est le début de la guerre de Sécession. Johnnie veut s’engager dans l’armée sudiste, mais le recruteur le refuse, estimant qu’il sera plus utile en exerçant son métier. Suite à un quiproquo, sa fiancée pensant qu’il se dérobe à ses obligations, lui tourne le dos.
Critique : Buster Keaton n’a pas su passer la barrière du parlant. Il n’a pas eu le parcours d’un Charlie Chaplin qui, lui, l’a franchie. Pourtant, sur toute la période muette, il a su développer un univers visuel unique, intégrant un personnage récurrent, tout aussi génial que celui de son alter ego et rival du cinéma. Il n’a été réellement reconnu à sa juste valeur qu’à la toute fin de sa vie, notamment grâce à un Oscar attribué pour l’ensemble de sa carrière, qui lui a été remis en 1960, et par l’hommage qui lui a été rendu par la Mostra de Venise, en 1965. Il était temps.
L’homme qui ne sourit jamais propose, avec ce film, l’une des ses œuvres les plus abouties. Il met en scène la course-poursuite sans interruption d’un maladroit chanceux, qui réussit tout de même ce qu’il entreprend. Dès les premières images, Buster Keaton fait preuve d’une inventivité exceptionnelle.
Toutes les séquences, qui s’enchaînent à un rythme infernal, partent du principe que Johnnie va rater ce qu’il entreprend. Mais les effets de répétition persuadent très vite le spectateur que le héros va tout de même y arriver. Le film dépasse la seule mécanique du burlesque, pour nous conduire vers des scènes spectaculaires : les accidents de locomotives, les trafics des uns et des autres pour modifier les aiguillages, les scènes de bataille...
Au milieu de ces péripéties, Johnnie se bat perpétuellement avec les éléments comme si ceux-ci avaient une vie propre, uniquement destinée à le contrarier. C’est le hasard qui fera que les événements tourneront à son avantage.
L’inventivité visuelle foisonnante de Buster Keaton en fait l’un des meilleurs cinéastes du burlesque muet et un grand cinéaste tout court.