Le 5 juillet 2015
Un récit de vie, ordinaire à tel point que l’on s’ennuie ferme... à un détail près.


- Réalisateur : Laurent Tuel
- Acteurs : Nicolas Duvauchelle, André Wilms, Maud Wyler
- Genre : Drame
- Nationalité : Français
- Durée : 1h40min
- Date télé : 8 juillet 2016 22:25
- Chaîne : Canal + Cinéma
- Date de sortie : 15 juillet 2015

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Le Combat Ordinaire est un récit de vie, ordinaire à tel point que l’on s’ennuie ferme... à un détail près.
L’argument : "Le combat ordinaire", c’est le combat de Marco, jeune trentenaire, un brin bourru, mais animé de bonnes intentions et qui, à partir de petites choses, de belles rencontres, d’instants précieux, souvent tendres, parfois troublants, va se reconstruire et vaincre ses vieux démons.
- © Haut et Court
Notre avis : Marco est un monsieur-tout-le-monde ou presque. Un jeune photographe au chômage, avec un père atteint de la maladie d’Alzheimer, une mère courage et un chat fugueur. Mais Marco est avant tout sujet à un mal bien étranger, quoique relégué au second plan : les crises d’angoisse. Et, quand tout part à vau-l’eau...
Comme dans la vie, la vraie, les événements du film s’enchaînent de manière relativement prévisible. La rencontre, avec sa vétérinaire, qui l’incite à aller de l’avant ; un nouveau projet artistique, qui s’avère prometteur ; et la déchéance du patriarche.
- © Haut et Court
Filmé du point de vue du protagoniste, en caméra parfois subjective et souvent à l’épaule, ce long métrage met en lumière les obsessions, les troubles et les terreurs d’un quotidien toujours sous tension. Ceci sous couvert de la morosité symptomatique des périodes de crise économique ; montée des partis extrémistes, force ouvrière en berne et tout le toutim en prime.
Autour du seul personnage de Marco gravite une galerie de rôles secondaires, uniquement allégoriques qui, à l’instar des photos que notre héros réalise, brillent par leur présence absence. Une sorte de présence physique et d’absence métaphysique, que Marco dénonce au détour d’une séquence.
- © Haut et Court
De belles images, donnant de temps à autre la parole à ces personnages qui ne sont matérialisés que sur la pellicule, rehaussent Le Combat Ordinaire, à la dynamique proche du cinéma contemplatif. Ces images, travaillées à bras le corps, insérant des portraits qui ont de la "gueule" et des témoignages imaginaires en noir et blanc, révèlent toute leur photogénie.
Sous ses faux airs de documentaire, Le Combat Ordinaire se veut une ode à la vie, qui continue, et à la nature, qui reprend ses droits, malgré l’industrialisation et la mécanisation croissantes. Non sans regrets, le film se contente envers et contre tout d’effleurer la surface des choses et de saisir l’instant présent, à la manière d’une photographie.