Le 23 août 2021


- Scénariste : Andrea Ferraris>
- Dessinateur : Andrea Ferraris
- Collection : MIRAGES
- Genre : Autobiographie, Roman graphique
- Editeur : Delcourt
- Famille : Roman graphique
- Date de sortie : 18 août 2021
Récit bouleversant d’une adoption, avec le bourdonnement de la vie en toile de fond.
Résumé : Andrea et sa compagne ont pris la décision d’adopter. Au terme d’un long processus, de doutes et d’écoute, ils font la rencontre de Sarvari, une jeune indienne de quatre ans, qu’ils vont devoir déraciner en l’amenant chez eux...
Le roman graphique est, depuis un bon moment déjà, l’un des moyens le plus évident pour transmettre une émotion, ayant supplanté la biographie ou l’autofiction dans ce lien avec le lecteur, qui ne cherche ni la vérité ultime ni l’illusion narrative pour donner à voir quelque chose. Ce quelque chose, pour l’auteur, c’est ce qu’il y a de plus profond et de plus bouleversant dans sa vie normale, jusque là tranquille, d’italien marié et heureux. L’acte d’adoption, à la suite d’examens amenant la froide réalité de la stérilité, est en effet l’une des choses les plus belles parce extrêmement difficile à acter. Vraisemblablement, raconter cette étape, qui sur des mois va montrer l’inscription, les conseils d’autres parents, jusqu’à la fameuse rencontre, dans les larmes plus que dans la joie, mais aussi les hésitations, les doutes et les d’encouragements de ce père, était une nécessité, un besoin de raconter. Et pour tous ceux qui ont d’abord vu les épisodes de Friends sur l’adoption, cette BD est d’une justesse évidemment moins comique, mais tellement plus humaine.
Andrea Ferraris / Delcourt
Curieusement, les planches ne sont pas ou peu découpées, comme si chaque page devait contenir un seul dessin, une seule impression. Les textes ne semblent d’ailleurs pas figés, comme un carnet de notes et de dessin qui se déplierait petit à petit sur le cheminement de cette idée, de ce projet, jusqu’à sa réalisation. Plus que les petites mises en scène assez ironiques des vertiges d’émotions du début, c’est évidemment le traitement de l’Inde qui retient l’attention du lecteur, où ce sont les gens, davantage que les rues ou les objets, qui sont mis à l’honneur constamment par le dessin. Comme s’il fallait absolument garder des images à transmettre à Sarvari, pour plus tard lui faire re-découvrir ce qu’elle finirait pas oublier. Et l’on songe ainsi à la dualité de ce pouvoir du roman graphique, de se raconter pour soi, mais aussi pour ceux qui suivront.
Andrea Ferraris / Delcourt
Fresque autobiographique d’un chapitre d’une vie, centrée sur ce choix de l’adoption, Le bourdonnement d’un moustique fourmille d’émotions à fleur de peau et donne à lire un moment de courage et d’amour véritables.
136 pages - 18,95 €