Le 9 janvier 2020
Drame social perlé d’autofiction ? On n’en saura rien sinon que pour ce premier long-métrage, la comédienne, Sabrina Nouchi, s’essaye à un récit sur l’amitié, une jeunesse désœuvrée, non sans un certain talent.


- Réalisateur : Sabrina Nouchi
- Acteurs : Sabrina Nouchi, Erika Fekrane, Jonathan Lieutaud
- Genre : Drame, Drame social
- Nationalité : Français
- Distributeur : Saint-André des Arts
- Durée : 1h32mn
- Date de sortie : 26 février 2020

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Résumé : Sam, vingt-deux ans, est une enfant de la DDASS. Devenue femme mais toujours sous tutelle, elle vit d’arnaques et de débrouille. Un soir elle rencontre Julie, qu’elle va héberger temporairement.
Critique : Un premier long-métrage est toujours une aventure. L’empreinte personnelle semble lisible immédiatement. Car il y a du bruit et de la fureur chez ces deux jeunes filles meurtries par une existence jonchée de ruptures et de désespoir. L’héroïne principale, Sam, a subi un parcours de placement en famille d’accueil. Elle survit grâce à ce qui s’apparente à des formes d’agressions d’hommes qu’elle courtise dans les discothèques. Mise sous tutelle, elle n’a personne auprès de qui se réconforter. Sauf peut-être cette jeune Julie qui débarque dans son existence, à la suite d’une altercation avec un homme dans un bar, et qui s’installe avec elle dans son appartement marseillais.
- Copyright Sabrina Nouchi
Juste Sam ne se démarque pas par son optimisme. Le propos est au contraire d’une profonde tristesse, donnant à voir et à penser une jeunesse désabusée, en perte de repères. Le fait que le film soit mis en scène par une réalisatrice rassure, car le personnage central offre une représentation de la femme assez désespérée, qui parvient à ne pas succomber à l’errance totale, parce qu’elle est jolie et que ses attraits lui permettent une source de revenus, plus ou moins assumée. Toutefois, les hommes ne présentent pas une image meilleure. Quelques rares personnages surgissent parfois, mais la jeune Sam ne parvient pas à saisir la main qu’ils lui tendent. On n’est jamais loin du mélo, et parfois la mise en scène faillit à cause de quelques excès, voire des maladresses qui peuvent nuire à la fluidité du récit.
- Copyright Sabrina Nouchi
Mais le propos demeure honnête. La réalisatrice va jusqu’au bout de cette figure féminine qui ne fait aucun compromis avec son histoire. La violence du vécu, la violence des mots, la violence des situations font l’effet d’une véritable catharsis et le spectateur a du mal à imaginer qu’un tel parcours de vie ne revête pas quelque chose du témoignage autobiographique, au point d’ailleurs que la réalisatrice interprète le rôle principal. Juste Sam constitue une sorte de récit de la réparation affective, familiale et sexuelle. Parfois, le film abuse des ralentis, des supports musicaux, des retours en arrière, mais personne ne peut nier la bataille de la réalisatrice pour donner vie à cette histoire. A l’avenir, il lui faudra sans doute plus de maturité en terme de mise en scène. Cependant, le film fait la démonstration heureuse qu’il est possible de réaliser une histoire à Marseille, qui parle d’une jeunesse souvent ignorée, en quête de sens. On attend avec impatience de découvrir la suite de l’œuvre filmique de Sabrina Nouchi.