Le 23 janvier 2017


- Scénariste : Bourhis>
- Dessinateur : Christian Cailleaux
- Editeur : Dupuis
- Famille : BD Franco-belge
- Date de sortie : 20 janvier 2017
Une biographie consacrée à l’un des grands artistes français du 20ème siècle qui laissa une marque indélébile dans l’inconscient collectif.
Livre brillant à la hauteur de cet homme qui s’est voulu artiste et qui devint un géant de la poésie et du cinéma. La narration et la mise en images de Cailleaux et Bourhis raviront les admirateurs de cet artiste à part que l’on redécouvre ici bien au-delà des bribes de poésie dont on se souvient. Un album à dévorer et à faire lire.
Le quartier de Montparnasse au cœur des années 1920 : ses fêtes enivrantes, ses débats littéraires, ses artistes de mille et un univers.
De retour de son service militaire en Turquie, Jacques Prévert y fréquente l’avant-garde de cette époque, entre Louis Aragon, Robert Desnos ou André Breton avec lesquels il écrit quelques-unes des plus belles pages du surréalisme. Ce mouvement, beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à écrire et d’un parapluie, éclatera finalement tandis que Prévert se met à côtoyer Giacometti, Carné ou Pierre Batcheff, qui l’entraîneront vers une carrière de scénariste et la création de la troupe Octobre.
Après leur évocation des années Boris Vian dans "Piscine Molitor", Hervé Bourhis et Christian Cailleaux s’emparent aujourd’hui de la vie de "Jacquot" dans cette intégrale richement documentée, où nous est contée une tranche de l’histoire politique et artistique de ce siècle moderne. Des rivages méditerranéens aux théâtres moscovites, entre écriture foisonnante et dessin allègre, il aurait été dommage que Jacques Prévert ne fût qu’un poète !
C’est bouillonnant d’intelligence, de proses graphiques, de rimes scénaristiques, c’est d’une richesse à la fois précise et affolante comme ces années ou les plus grands artistes du siècle se côtoyaient. On découvre Prévert dans son insolence et sa folie quotidienne, un portrait réaliste bien loin de ce que la plupart des lecteurs de sa poésie connaissent. On redécouvre un Prévert amoureux transi de sa liberté, de ce désir violent de vivre comme il le souhaite, dans la pauvreté où la richesse, dans la création et la jouissance intellectuelle. Ce livre est un hymne à ce siècle passé, à ces périodes où Paris était le centre mondial de l’art et des artistes, un hymne aussi à cet homme qui n’était pas poète mais une poésie à lui tout seul, riche de ces mots, de sa vision de l’écriture cinématographique et poétique, un talent aujourd’hui jamais renouvelé.
232 pages - 30 €